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Le Languedoc connaît une progression forte de ses investissements

Vendredi 28 octobre 2016 par Frédérique Ehrhard

Les ventes de machine à vendanger ont été soutenues, témoignent les entreprises languedociennes.
Les ventes de machine à vendanger ont été soutenues, témoignent les entreprises languedociennes. - crédit photo : C. Gaviglio IFV
Cette année l’investissement dans le matériel viticole atteint un niveau exceptionnel en Languedoc-Roussillon. Les viticulteurs renouvellent leur parc de machines. Le point quelques jours à peine avant l'ouverture de Dionysud.

« C'est une année exceptionnelle ! Les vignerons ont besoin de renouveler leur parc de matériel, qui a vieilli pendant la crise. La conjonction de meilleurs cours et de trois bonnes récoltes a dopé nos ventes en Languedoc-Roussillon », note Jean Lavail, PDG des établissements Lavail, concessionnaire New Holland, basé à Revel en Haute-Garonne.

Par rapport à 2015, ce fournisseur a enregistré une hausse de 10 % de ses ventes de pulvérisateurs, de 25 % pour les tracteurs et de 30% pour le matériel de travail du sol. Avec les machines à vendanger, la hausse atteint 42 %. « Nous vendons surtout des tracteurs de 95 CV, contre 75 CV précédemment. Avec le retour au travail du sol, les vignerons ont besoin de plus de puissance. Et aussi de confort. La cabine, la climatisation et le siège pneumatique vont de soi aujourd'hui », constate Jean Lavail.

Effet de la loi Macron

Chez Pellenc, même dynamique. « Nos ventes de machines à vendanger ont progressé de plus de 30% en 2016, et celles d'écimeuses ou de prétailleuses de 15 à 20 % », note Philippe Le Strat, directeur de Pellenc Languedoc-Roussillon. « Le suramortissement mis en place par la loi Macron est arrivé au bon moment pour stimuler des investissements déjà en croissance », analyse-t-il.

« Cette année, les ventes se sont maintenues jusqu'aux vendanges, c'est inhabituel », relève de son côté Christine Egretier, de la SARL Jean-Michel Egretier, qui fabrique du matériel de travail du sol à Narbonne, dans l'Aude. « L'intérêt pour notre interceps Mini-Sillon a soutenu les ventes, qui ont progressé de 20 à 25 % ».

Chez Cévennes motoculture, un nouveau venu sur le marché agricole du Gard, les ventes de tracteurs Kubota ont doublé entre 2014 et 2015, et se maintiennent à un bon niveau en 2016. « Le modèle le plus vendu est un 90 CV à quatre roues motrices, avec cabine climatisée. Les exploitations se sont agrandies. Les vignerons ont besoin de se déplacer plus et cherchent à gagner du temps. Pour traiter plus de rangs à la fois, ils ont besoin de plus de puissance », constate Stéphane Pantel, le commercial.

S’agissant des équipements de chai, il n'y a pas de pic des ventes, mais un rythme soutenu d’investissement. Les coopératives s’équipent régulièrement pour accompagner les restructurations ou la demande croissante de rosés. « Les investissements restent soutenus. Il y a encore des fusions de caves, qui amènent à reconfigurer les installations pour traiter plus de volume au même endroit », note Stéphane Cottenceau, directeur marketing de Péra.

" Avec notre dernière génération de pressoirs, les caves gagnent du temps à toutes les étapes"

Ce fabricant de Florensac, dans l'Hérault, fournit des équipements pour la réception, le pressurage, le contrôle des températures et la thermovinification. « Aujourd'hui, les volumes sont rentrés sur des périodes courtes, pour une maturité optimum. Il faut aller vite. Avec notre dernière génération de pressoirs, les caves gagnent du temps à toutes les étapes. », relève-t-il.

Dans l'Aude, « nous avons moins de gros projets avec des coopératives. Par contre il y a une bonne dynamique de création de caves particulières, qui soutient notre activité », note Christian Artico, PDG des établissements Garaud à Carcassonne qui fabriquent et distribuent du matériel de cave.

Les filtres tangentiels ont la côte

« Les caves particulières vinifient plus à la parcelle. Elles adaptent la taille de leur cuverie. Elles optent souvent pour des cuves en inox à chapeau flottant, qui servent aussi bien à la vinification qu'au stockage », note-t-il. Les vignerons privilégient le recuit brillant, pour faciliter le détartrage. Ils remplacent les filtres rotatifs, consommateurs de terre, par des filtres tangentiels. Ils se débarrassent de leurs derniers pressoirs en continu pour s’équiper de pressoirs pneumatiques avec lavage intégré. « Tout ce qui permet d'économiser de l'eau et du temps est recherché », note-t-il.

Chez ACT Vinicole, un fournisseur qui travaille sur l'Hérault et le Gard, Serge Lecq note une nette reprise des investissements en cave particulière depuis 2014. « Les ventes se sont améliorées en vrac comme en bouteilles, et la situation économique des exploitations est bien meilleure. Il y a aussi des subventions pour investir dans les chais, qui ont été complétées en 2016 par le suramortissement », analyse-t-il

Les vignerons renouvellent leurs pressoirs avec des modèles qu’ils peuvent inerter pour mieux préserver les arômes. « La demande porte aussi sur des cuves en inox à double paroi, mieux isolées que celles en fibre, et sur de petites cuves pour isoler les jus de début et de fin de presse. En parallèle, la thermorégulation se développe et s'automatise, pour gagner en temps et en qualité », note-t-il.

Après la petite récolte de 2016, les fournisseurs s'attendent à un recul des investissements. Tout en soulignant qu’il reste beaucoup à faire pour achever de renouveler le matériel et continuer à s'adapter aux exigences des marchés.

 

Cet article a été préalablement publié dans La Vigne d'octobre.

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