LE FIL

Petits rendements

La France produirait 42,2 millions d’hectolitres de vin en 2016

Lundi 10 octobre 2016 par Alexandre Abellan

Battant leur plein, les vendanges 2016 ne feront pas le plein dans de nombreuses régions. Comme en Champagne, où la perte de récolte due au mildiou avoisinerait les 15 %.
Battant leur plein, les vendanges 2016 ne feront pas le plein dans de nombreuses régions. Comme en Champagne, où la perte de récolte due au mildiou avoisinerait les 15 %. - crédit photo : CIVC
Désormais au niveau des faibles récoltes 2012 et 2013, ce millésime aura accumulé les difficultés. Les prolongations estivales ont poussé les services statistiques agricoles à une ultime révision à la baisse.

Au premier octobre, le vignoble français aurait un potentiel de production de 42,17 millions d’hectolitres de vin d’après le ministère de l’Agriculture (-12 % par rapport à 2015). Soit une nouvelle baisse par rapport aux 42,9 millions hl estimés en août et aux 44 millions hl de juillet. La récolte 2016 compterait ainsi parmi les plus réduites des trente dernières années, en deçà de 2013, mais au dessus du plancher instauré par 2012 et (respectivement 41,36 et 42,37 millions hl). En repli de 9 % par rapport à la moyenne quinquennale, le millésime 2016 compte parmi les plus petites récoltes des dernières années.

Parcours du combattant

Il faut rappeler que les embûches n’auront pas manqué sur tout le vignoble, du débourrement précoce aux vendanges tardives. « Le gel de printemps qui a touché certains bassins viticoles (Champagne, Bourgogne et Val de Loire), les dégâts consécutifs à la grêle (Charente, Bourgogne-Beaujolais et Languedoc-Roussillon) ou au mildiou (Champagne et Val de Loire) et à la persistance de la sécheresse sur le pourtour méditerranéen pèsent sur la production » résume les services statistiques du ministère.

Après un millésime généreux en 2015, le vignoble charentais enregistrerait ainsi une petite production d’eaux-de-vie (7,39 millions hl, -22 %). Le Val de Loire enregistre la plus forte baisse de production  de vins d’appellation (-32 %, à 1,53 million hl), suivi par la Champagne (-27 %, à 1,69 millions hl) et la Grande Bourgogne (-20 % à 1,76 million hl). Particulièrement touché par la sécheresse, le Languedoc-Roussillon connaîtrait une baisse conséquente de 11 % de sa production, à 12,1 millions hl (dont 2,5 millions hl sous appellation, -10 %). De même en Corse et dans le Sud-Est, où les productions seraient finalement en baisse de respectivement 6 et  3 % (à 333 000 et 5,4 millions hl).

Stabilités et bonnes surprises

Au contraire, l’Alsace peut se féliciter d’un bond de 18 % de sa production globale, à 1,19 million hl. Le vignoble de Bordeaux se réjouit également de vendanges aussi généreuses que prometteuses, avec 6,02 millions hl annoncés (+6 %), tandis que le reste du Sud-Ouest serait stable (-1 %, à 3,49 millions hl).

Podium européen

Si le vignoble italien sera incontestablement le premier pays producteur au monde en 2016 (avec 50,3 millions hl, -2 % par rapport à 2015), le pays pointant à la deuxième place reste encore incertain d'après le dernier bilan communautaire (cliquer ici pour en savoir plus). Si les dernières prévisions venant d’Espagne restent supérieures (42,5 millions hl, +1 %) à celles françaises (42,2 millions hl, -12 %), elles sont toutes deux dans un mouchoir de poche. En Europe, les pertes de récolte sont parfois massives, comme au Portugal (5,6 millions hl, -20 %), en Autriche (1,7 million hl, -23 %) ou au Luxembourg (60 000 hl, -46 %).

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