LE FIL

Réduction des phytos

Les vignerons bio ne veulent pas être les oubliés du plan bordelais

Vendredi 22 juillet 2016 par Alexandre Abellan

Si le plan girondin de réduction des pesticides a été présenté lors du salon de démonstrations Tech & Bio, à Libourne ces 6-7 juillet, la certification bio est loin d’en être l’axe majeur regrettent certains.Si le plan girondin de réduction des pesticides a été présenté lors du salon de démonstrations Tech & Bio, à Libourne ces 6-7 juillet, la certification bio est loin d’en être l’axe majeur regrettent certains. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Pour ne pas être écartés des objectifs girondins de passer sous certification environnementale 100 % des surfaces et de réduire l’usage des pesticides, le vignoble bio propose son plan d’actions.

Prenant « acte du plan supposé mettre en œuvre une diminution de l'utilisation des pesticides » sur le vignoble girondin, les représentants du vignoble régional regrettent, aussi ouvertement qu’amèrement, qu’il « ne fasse pas la part qu'elle mérite aux pratiques de l'agriculture biologique ». Première en France, le « plan pour accélérer la réduction de l’usage des pesticides » à Bordeaux ne manque pas d’ambition, visant la certification environnementale de 100 % du vignoble. Mais la bio est en effet loin d’y être la priorité. Un apparent paradoxe alors que le plan a été dévoilé, et signé, ce 6 juillet, à l’occasion de l’inauguration du rendez-vous viticole Tech & Bio.

Entériné par la Chambre d'Agriculture de Gironde, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) le conseil régional de la Nouvelle Aquitaine et la Préfecture, ce plan intègre la viticulture biologique, mais seulement parmi d’autres méthodes alternatives. Voire même après elles, n’étant pas présentée comme un modèle prioritaire. « A l’évidence, si l’on dit qu’il y a 6 % des surfaces qui sont en bio, cela signifie que si l’on veut vraiment faire baisser les traitements, les intrants, etc., il faut s’occuper des 94 % autres pourcents » lançait ainsi Alain Rousset, le président de Région, à la tribune.

Ambitions 2020

Face à ce bio-bashing, léger mais insistant, les représentants du vignoble aquitain se sont donc mobilisés, de Dominique Marion, présidente de la Fédération Régionale de l’Agriculture Biologique Nouvelle Aquitaine à Sylvie Dulong, présidente d’Agrobio Gironde, en passant par Pascal Rousteau, le président de Vitibio et Anne-Lise Goujon, la présidente du Syndicat des Vignerons Bio d’Aquitaine. Dans leur appel, les signataires demandent donc « une place claire de la bio dans le développement du plan de réduction des pesticides ».

Défendant « des techniques innovantes et une approche globale », ils demandent l’adoption du plan Ambition Bio. Soit le « doublement de la surface du vignoble bio de la Nouvelle Aquitaine d'ici 2020 » (à 21 706 hectares, pour 10 853 ha en 2014) et la « structuration de la filière avec notamment la reconnaissance de la spécificité de la bio par les opérateurs du commerce » (soit une implication du négoce, jusqu’à présent frileux).

Chiffré et daté, contrairement au plan présenté début juillet, cet appel prend cependant un peu d’avance sur le calendrier, la convention signée visant d’abord Bordeaux, avant d’espérer être décliné sur les autres vignobles régionaux (Bergerac, Buzet, Cognac, Duras…).

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