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Au moins c’est clair
Les cahiers des charges IGP n'intégreront pas de mesures environnementales

Michel Servage, président de la Confédération des vins IGP de France, a pris position sur l'introduction des mesures environnementales dans les cahiers des charges. Pour les IGP, ce sera non.
Par Marion Sepeau Ivaldi Le 17 juin 2016
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Les cahiers des charges IGP n'intégreront pas de mesures environnementales
Michel Servage, président de la CNIGP, invite les ODG à soutenir les projets agro-écologiques mais s'oppose à ce que l'agro-écologie fasse l'objet de règles qui s'imposent à tous. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
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’allez pas croire que les IGP sont contre l’agroécologie. Michel Servage, président de la Confédération des vins IGP de France, s’en est défendu dans son discours de clôture du congrès du syndicat, qui se tenait le 16 juin à Albi (Tarn). Mais l’appropriation de l’ensemble de techniques qui visent à une intégration du facteur environnemental dans la production ne passera pas par les cahiers des charges IGP. La Confédération s’y est opposée et Michel Servage l’a donc publiquement fait savoir, se positionnant ainsi contre le projet de l’Inao et du ministère de l’Agriculture d’intégrer l’agroécologie aux Siqo (signes officiels de la qualité et de l’origine).

Agroécologie doit rimer avec compétitivité

« L’échelle n’est pas la bonne. Nos IGP sont dans plusieurs départements ce qui implique des contraintes différentes. Une règle générale, définie par le cahier des charges et s’appliquant à tous, ne répondrait pas à la demande. Et comment fera un vigneron travaillant plusieurs IGP qui se sont imposé des mesures différentes ? » a-t-il questionné. Pour lui, l’agroécologie doit être pragmatique, « doit rimer avec compétitivité et ne doit pas être une religion ».

Communiquer plutôt que réguler

Plutôt que les actions collectives d’un cahier des charges, Michel Servage appelle les IGP à faire acte de communication. « Il est temps que nous, vignerons, nous réapproprions de façon audible le débat et que nous communiquions sur ce que nous faisons quand nous soignons la vigne. »
 
La position des IGP apparaît en légère discordance de celles des AOC. La Cnaoc avait en effet agit afin que la loi d’avenir agricole permette aux Siqo de faire le choix de mesures agroécologiques. Présent lors du congrès des IGP, Bernard Farges, président de la Cnaoc, commente avec une certaine pudeur : « Nous avons une approche différente ». Selon lui, plusieurs ODG d’AOC réfléchissent à intégrer des mesures environnementales mais il reconnaît que « ce n’est pas simple d’inscrire des règles qui s’imposent à tous, d’autant plus quand le territoire de l’appellation est large, que le nombre d’adhérents est important et qu’il existe un système pyramidal de classification ».

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Tous les commentaires (5)
Denis Le 24 juin 2016 à 23:25:08
C'est dommage, les religions connues jusqu'alors nous promettent un éventuel paradis, celle de l'agroécologie nous évite l'aller dans le mur ici bas !
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craoux Le 23 juin 2016 à 23:30:18
Que j'aimerais être convaincu du "savoir du professionnel qui cultive sa terre" ! ... il n'existe pas que je sache d'agrément à l'installation sur la base d'une validation de compétences acquises ! Quant au savoir du professionnel, je veux bien (sic) mais combien de producteurs font un diagnostic préalable (économique) de l'intérêt, ou pas, à traiter ? .. Je vois surtout des mecs qui pulvérisent genre "advienne que pourra" (il serait temps de repenser la chaîne de la prescription commerciale des intrants, non ?) même quand le vent souffle dur, et alors, je me dis qu'il y a encore de grosses marges de progrès à attendre ! Et surtout, la Terre n'appartient pas qu'aux producteurs et ils sont et doivent rester redevables d'explications à fournir aux autres humains ! Donc, je maintiens que c'est bien triste voire inacceptable que les IGP ne sentent pas le vent de l'exigence sociétale ... et ça n'a vraiment rien à voir avec une pseudo-culture ! Par ailleurs, je trouve surprenant que le Minagri ne bronche pas devant une telle position de refus alors que nos fameux signes de la qualité (sic) et de l'origine (dont l'IGP) ont droit à toutes les attentions et le soutien des Pouvoirs Publics pour obtenir leur reconnaissance dans le cadre d'accords commerciaux de libres échanges avec les PT notamment. La position exprimée par le Pdt Servage prouve que cette filière IGP la joue "petits bras", et compte tenu de ce que je viens de rappeler juste avant (reconnaissance à l'international), c'est assez dissymétrique comme deal ! D'ailleurs, si l'on observe la création quasi validée de ce fourre-tout d'IGP "Terre du Midi", je me dis que l'on voudrait décrédibiliser l'image de l'outil IGP qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
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vigneronderions Le 21 juin 2016 à 20:29:13
Merci Monsieur, je ne fais pas d'IGP, juste de l'AOP mais je trouve complètement nul d'intégrer les contraintes environnementale dans les CdC. Notre Président Farges soutien le contraire, et j'ai terriblement peur de leurs arguments. Il faut selon l'interpro de Bx et la CNAOC tenir compte de la pression sociétale, et sortir de l'utilisation des "pesticides" (c'est de la démagogie pure et simple). Je ne dis pas qu'il ne faille pas progresser mais laisser croire que l'agriculture peut se faire sans pesticide est une faute de la part de professionnels, même les BIO utilisent des Pesticides (mais il ne faut pas le dire). Pour information, la pression sociétale n'est pas la panacée, n'est ce pas la pression sociétale qui oblige certains à exciser leur filles, n'est ce pas la même pression sociétale qui incite les mariages arrangés? Alors oui j'ai choisi de ne pas céder à la démagogie et au populisme. Le progrès ne sera jamais de décréter à Paris un mode de culture et des règles uniformes qui ne tiens pas compte des spécificités et du savoir du professionnel qui cultive sa terre. Si certains ont des doutes, qu'ils regardent ce qu'a donné l'agriculture administré d'en haut en URSS il n'y a pas si longtemps...
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Neuschwander Le 21 juin 2016 à 19:23:59
Etrange position... Les consommateurs - de plus en plus nombreux à souhaiter pouvoir juger de la clarté* de leurs nectars préférés - ne risquent-ils pas de devenir méfiants vis à vis des IGP ? * Clarté , en termes de résidus phytosanitaires, évidemment.
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craoux Le 17 juin 2016 à 12:17:22
Décidément, la filière IGP n'a pas le courage de dire les choses avec franchise. Pourquoi ne pas dire clairement que la marque collective IGP ne souhaite pas s'imposer de contraintes (les cahiers des charges ne sont que l'habillage d'un corpus de pratiques en rien contraignantes !) ... Quel jésuite ce Pdt Servage ..... Le bébé IGP (né en 2009) n'a-t-il pas trouvé d'autre religion que celle du quasi "moins disant" (je fais une exception: Oc). Le crédo de la filière IGP serait-il, toujours et encore, de "ne surtout pas tenter de progresser" ?
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