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Revue de presse

Commerçons, concourons, conservons

Vendredi 22 avril 2016 par Catherine Bernard

Commerçons, concourons, conservons
- crédit photo : DR
Les chiffres annuels de l’OIV donnent une photographie du commerce du vin. Le concours du meilleurs sommelier du monde sacre un Suédois. Les Bourguignons se dotent d’un conservatoire des cépages anciens. Catherine Bernard

Commerçons

La croissance mondiale marque le pas, pas celle du vin. La presse reprend la publication des chiffres annuels de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). « Un saut spectaculaire de 10,6% », retient Libération.  « En dix ans, le commerce mondial du vin a donc presque doublé (il pesait 16 milliards d’euros en 2005) », précise le quotidien. Don Kavanagh de Wine Searcher  souligne aussi « la bonne santé » du secteur, portée par « les amateurs ». Reprenant les statistiques de la banque néerlandaise Rabobank, le journaliste souligne : « Le commerce international du vin a progressé en 2015 grâce à la hausse de la consommation américaine et chinoise et à la production néo-zélandaise». Même si la France, l’Italie et l’Espagne continuent de dominer le marché, « la Nouvelle-Zélande est, selon la Rabobank, l’étoile montante du marché tant en volume qu’en valeur ». Vitisphere met en exergue « six faits marquants sur la conjoncture mondiale ». On retiendra que « la Chine s’affirme comme second vignoble mondial ». A la lecture des chiffres de l’OIV, Vitisphere observe : « Les pays traditionnellement producteurs continuent de perdre des surfaces tandis que les pays Nouveaux producteurs en gagnent. La Chine se place à nouveau second en termes de superficie avec 830 000 hectares, en hausse de 34 000 hectares. Le vignoble néo-zélandais continue également sa progression régulière s’établissant à 39 000 hectares ». Si la consommation stagne, « les exportations en valeur explosent ». « L’Espagne demeure le premier exportateur de la planète en volume avec 24 millions hl et une part de marché de 23%,  en valeur, mais c’est la France qui se place à la tête du podium avec 8,2 milliards d’euros et une part de marché de 29% ». C’est la performance d’un autre segment du marché que retiennent Capital et le site European supermarket magazine :  «  La part du vin issu de l'agriculture biologique, en progression constante, a atteint 8% à 12% des volumes de la production viticole mondiale en 2015 », souligne Capital. Selon ESM, « la consommation de vin bio a même doublé en deux ans en Italie et représente 21% des consommateurs». La RVF et Le Figaro se concentrent sur la performance hexagonale. « La France (8,2 milliards d'euros) reste "de loin" le premier exportateur de vin en valeur avec 29% des parts du marché mondial, mais le troisième en volume, à 14 millions d'hectolitres », commente la RVF. Le Parisien a sa manière efficace de synthétiser : « La France vend moins mais gagne plus ». Le marché du vin n’est pas un.

 

Concourons

Dans notre monde de concours de gros bras et comme confirmé ci-dessus de conquête du vin, celui du meilleur sommelier du monde est logiquement devenu un événement que salue la presse. Et là, nouvelle surprise qu’on aurait tort de prendre comme un hasard, celui de l’année 2016, est, comme en 2007, un Suédois, natif d’un pays non producteur et officiant dans un pays devenu le premier consommateur de vin. « À 31 ans, John Arvid Rosengren qui officie au restaurant Charlie Bird à New York s'impose en finale face à deux Français, David Biraud, et Julie Dupouy, qui représentait l'Irlande », rapporte la RVF. Le magazine nous offre un compte-rendu des épreuves. Voici celle qui a permis au Suédois de faire la différence : « La mise en scène de la classique proposition de menu pour une table d’amateurs de vins a été revisitée, en proposant aux candidats de décider de l’enchaînement des vins apportés par les clients. Au menu, Harlan Estate 1997, Penfolds Grange 1990, Egon Müller Scharzhofberger Riesling Ausele 2009, Angelo Gaja Sori San Lorenzo 1997 et Klein Constantia, sans oublier un Clos Saint Denis du Domaine Ponsot 1945, qui était le piège, seulement relevé par John Arvid. Le premier millésime date de 1971, la bouteille avait de bonne raison d’être un faux ». Decanter relève la présence sur le podium « d’un mouton noir », Julie Dupouy, irlandaise mais surtout de la gent féminine. Dr Vino nous offre la photo d’un vainqueur radieux, triomphant tel un pilote de Formule 1, drapé du drapeau national et brandissant bras levés au-dessus de  la tête un magnum de Champagne.

 

Conservons

C’est moins ostentatoire qu’une cité, mais au moins aussi sûrement bénéfique à la vigne et au vin. France 3 Bourgogne annonce la création d’un « conservatoire des cépages anciens de Bourgogne ». « Depuis ce mercredi 20 avril 2016, une douzaine de vignerons plantent des variétés anciennes et autochtones sur une parcelle expérimentale à Savigny-lès-Beaune, en Côte-d'Or », rapporte Maryline Barate. La journaliste observe : « Dans de nombreuses régions françaises, il existe des conservatoires de la vigne, pensés comme des banques de données génétiques. Malgré son vignoble prestigieux, la Bourgogne faisait office d'exception. Les vignerons adhérents du GEST (Groupement d'Etude et de Suivi des Terroirs) ont décidé de remédier à ce manque. Depuis ce matin et pendant deux ans, ils vont travailler à la création d'un tel conservatoire sur le Mont Battois, à Savigny-lès-Beaune. Au cours des deux prochaines années, 52 cépages anciens seront plantés. Plusieurs représentants de la famille des Pinots ou des Gamays, le Chardonnay, l’Aligoté, le Melon, le Gouget... seront présents. Ils côtoieront des variétés encore plus anciennes qui ont donné à naissance à cette descendance par croisement, telles que le Gouais. Cette initiative s’inscrit dans un contexte : « Ce conservatoire est pensé comme un lieu vivant, une réserve génétique indispensable pour mener à bien des recherches sur la filiation, les intérêts et les limites des cépages anciens. Car des défis immenses attendent le monde viticole les maladies du bois ou le réchauffement ». que ».

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