LE FIL

Congrès de la Cnaoc

Touche pas à mon OCM vin

Vendredi 22 avril 2016 par Bertrand Collard

Lors du congrès de la CNAOC, les débats se sont concentrés sur la défense de l'OCM.Lors du congrès de la CNAOC, les débats se sont concentrés sur la défense de l'OCM. - crédit photo : Bertrand Collard
Lors de son congrès à Cognac, la Cnaoc a rappelé qu'elle ne voulait pas de refonte de l'OCM vin, mais simplement des évolutions réglementaires. Dans la salle, un Italien a prévenu qu'il faudra prouver que les enveloppes nationales sont utilement dépensées pour obtenir leur reconduction.

L'OCM, la Cnaoc y tient. La confédération des syndicats d'AOC l'a clairement affirmé lors de son congrès, ce 21 avril à Cognac. Un congrès dont l'intitulé était : quel avenir pour l'OCM vitivinicole ?

 

D'entrée, Bernard Farges, président du syndicat, a dit son opposition à une refonte de la réglementation actuelle. Celle-ci est prévue pour durer jusqu'en 2018. Tout porte à croire qu'elle sera reconduite, pour l'essentiel. Mais ce n'est pas garanti. La Cnaoc a donc souligné sa position devant Rudy Van der Stappen, chef adjoint de l'unité vin à la Commission européenne qu'elle avait invité à participer aux débats.

 

Le syndicat tient par-dessus tout au maintien du système des enveloppes nationales d'aide. Il s'oppose aussi à tout assouplissement de l'emploi des indications géographiques. La commission européenne est engagée dans un cycle de simplification réglementaire. La Cnaoc n'acceptera pas que ce travail débouche sur l'autorisation de mentionner une provenance sur les vins sans IG. Rudy Van der Stappen s'est voulu rassurant. "On ne veut pas réformer à nouveau au niveau de la commission, a-t-il déclaré. Nous voulons simplement diminuer les coûts administratifs."

 

Après avoir dit à ce haut fonctionnaire ce qu'elle ne voulait pas, la Cnaoc lui a fait part de ses souhaits. Philippe Coste, vice-président du syndicat, a demandé une simplification pour les pratiques œnologiques qu'il faut à la fois déclarer et consigner dans le registre de cave, comme l'enrichissement. "Il faudrait faire soit l'un, soit l'autre, mais pas les deux à la fois", a-t-il indiqué.

 

Stéphane Roy, président de l'UGVC, l'ODG du cognac et organisateur du congrès a expliqué que le système actuel des autorisations de plantations ne permet plus à l'ODG et à l'interprofession du cognac de maîtriser le rythme des plantations nouvelles. Ce vignoble est sans indication géographique. Même si l'ODG fixe un contingent de plantation pour le cognac, les viticulteurs peuvent l'outrepasser en demandant des autorisations de plantations de vins sans IG puis en distillant ces vins en cognac.

 

Remettre la chaptalisation en négociation

 

Philippe Pellaton, président du syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône a évoqué les aberrations de la réglementation sur l'enrichissement. "Dans la Drôme, la chaptalisation est autorisée ; dans le Vaucluse, elle est interdite alors que l'on peut produire des côtes du rhône dans les deux départements" a-t-il rappelé. Les Drômois n'ont donc pas les mêmes contraintes que les Vauclusiens. Qui plus est, les vins enrichis aux MCR peuvent ensuite être assemblés avec des vins chaptalisés. Preuve de l'aberration réglementaire. "Il faut revenir sur ce sujet" a déclaré Philippe Pellaton, se gardant bien de dire quelle direction il fallait prendre.

 

Et pour cause : le sujet est passionnel. Rudy Van der Stappen l'a rappelé. "L'enrichissement et la chaptalisation : on en parle depuis la création de l'OCM. En 2008, la commission était plutôt favorable à une approche restrictive (elle avait souhaité interdire la chaptalisation, NDLR). Mais 20 états membres ont voté contre. Nous en sommes donc restés au statu quo, ce statu quo que l'on retrouve très souvent à la fin d'une discussion." Et qui va durer encore, s'agissant de l'enrichissement.

 

Cépages résistants en AOC : la Commission ne fera pas de propositions

 

Philippe Pellaton a également évoqué la nécessité pour les AOC d'expérimenter les cépages résistants qui "ouvrent la voie au développement durable". Mais Rudy Van der Stappen a refroidi ses ardeurs. Il a rappelé que seules les Vitis vinifera sont autorisées pour la production d'AOC. "Les cépages hybrides sont interdits. Cela n'a pas changé. La commission suit les débats scientifiques sur ce sujet. Mais il ne faut pas attendre des propositions de notre côté." Aux États membres d'en faire. La France y semble prête. "Il faut réduire la pression d'intrants. Il faut que l'on ouvre le champ des possibles", a souligné Hervé Durand, directeur adjoint au ministère de l'agriculture.

 

Délaissant ces questions réglementaires, Riccardo Ricci Curbastro, ancien président d’Efow, est intervenu pour rappeler l'essentiel : la préservation des aides communautaires. Lors des discussions sur le nouveau programme d'aide,  "il faudra rester vigilant, a-t-il estimé. Il faudra expliquer que les enveloppes nationales sont une bonne façon d'investir l'argent public européen. Il y a tellement de demandes et tant de problèmes à résoudre par ailleurs. Il faut convaincre que l'argent public est bien investi." La commission l'est déjà. Un bon point avant l'ouverture des négociations sur le prochain programme d'aide.

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