LE FIL

Phytosanitaires

Générations Futures crée une carte interactive des victimes

Jeudi 21 avril 2016 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 26/04/2016 11:46:38

Deux cent témoignages sont déjà répertoriés sur la carte des victimes des produits phytosanitaires. D'autres devrait l'enrichir à l'avenir.
Deux cent témoignages sont déjà répertoriés sur la carte des victimes des produits phytosanitaires. D'autres devrait l'enrichir à l'avenir. - crédit photo : Générations futures
L’association vient de mettre en ligne une carte de France interactive présentant 200 témoignages de victimes de produits phytosanitaires.

« Nous avons recueilli près de 200 témoignages de professionnels (épingles bleues) et de riverains (épingles oranges) victimes des pesticides », explique l’association Générations Futures, qui vient de mettre en ligne une carte interactive réunissant des témoignages de victimes de produits phytosanitaires. Sur fond noir, les victimes racontent, de manière anonyme, leur histoire. Les agriculteurs expliquent comment ils ont été en contact avec les produits phytosanitaires, la découverte de leur maladie grave, leur combat auprès des organismes de santé… Les riverains signalent, eux, comment des pulvérisations ont eu lieu alors qu’il y avit beaucoup de vent… De quoi donner de la voix et de l’ampleur à ce que dénoncent Générations futures et bien d’autres associations environnementales depuis des années. La carte devrait s’enrichir : « Nous avons aussi indiqué sur la carte près de 200 signalements (points noirs) dont les témoignages sont en cours de validation, soit pour le moment près de 400 personnes recensées sur la carte en ligne ! En outre, d’autres témoignages – au moins 150 – attendent d’être traités et saisis, sans compter les appels journaliers en cette période de reprise des épandages. »

 

L'UIPP réagit
L’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) a réagi par voie de communiqué à la publication de la carte réalisée par Générations Futures. Elle peut « susciter des questionnements sur la sécurité des produits », pose l’UIPP, qui tient à rassurer en indiquant que « l’encadrement européen des produits phytos est parmi les plus stricts au monde, notamment en termes de protection de la santé des agriculteurs, des riverains, des promeneurs mais aussi de l’environnement ». L’UIPP rappelle également : « La sécurité sanitaire des riverains potentiellement exposés, femmes enceintes et enfants inclus, est prise en compte en amont de la mise sur le marché de tout produit phyto. »

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caumette nathalie Le 27 avril 2016 à 11:13:07
Je voudrais dire en préambule, que je ne considère pas les viticulteurs dont je fais partie comme responsables des conséquences graves de l'utilisation des produits phytosanitaires : nous sommes aujourd'hui dans une impasse technique, puisque si on ne traite pas les vignes, on ne récolte rien. Et cette impasse, ce piège dans lequel est engluée la profession, et dont elle est la première victime résulte largement des décisions désastreuses prises depuis de nombreuses années par des ingénieurs agronomes et des responsables professionnels qui à l'époque indiquaient l'unique voie à suivre, celle du tout traitement. Aujourd'hui on ne peut plus nier les évidences de toxicité, l'efficacité finalement toute relative des produits, ainsi que l'existence d'alternatives sérieuses (c'est à mon avis l'atout principal du Bio), mais faire machine arrière est extrêmement compliqué et coûteux. Mais les réactions telles celle de l'UIPP juste au-dessus sont tout simplement scandaleuses, et on ne peut plus les laisser dire, elles ne devraient d'ailleurs plus être publiées : il est en effet totalement faux d'affirmer que la sécurité des personnes exposées est prise en compte en amont lors de l'homologation des produits phytosanitaires. Nous avons ici une conseillère agricole qui passait toute la période des traitements dans les vignes alors qu'elle était enceinte, et ses deux enfants ont été victimes de malformations urogénitales. Lorsque j'étais moi-même enceinte, je quittais la vigne lorsqu'un pulvérisateur arrivait dans une parcelle voisine. Nos ouvriers et nous mêmes portons des équipements de protection très lourds lors des traitements (pourtant bio)….Alors si vous êtes riverains de vignes, si l'école des vos enfants l'est, si vous êtes jeune technicienne viticole, il faut soit changer de maison, soit changer d'école, changer de boulot, ou alerter votre mairie, tenter de négocier avec le viticulteur, voire d'entrer en lutte pour trouver des solutions : traitements de nuit, traiter le we lorsque les enfants ne sont pas là, passer ces parcelles en bio mais aussi traiter sans vent, de nuit, le we, le moins possible etc…et arrêter chez vous de traiter votre jardin , de désherber vos allées. Nathalie Caumette.
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