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Revue de presse

Re-naissance de printemps

Vendredi 15 avril 2016 par Catherine Bernard

Re-naissance de printemps
- crédit photo : Pixabay
Une phrase va-t-en guerre du chef du gouvernement italien annonce le réveil du vin italien. Après la polémique sur les pesticides, les alternatives. Une distillerie s’installe en plein cœur de Paris.

Italie, le réveil

L’Italie fait la Une. Grâce à son fringant président du Conseil, Matteo Renzi, venu arpenter les allées du salon Vinitaly à Vérone. Le site 20 minutes nous offre la video où l’on entend le chef du gouvernement italien partir à l’assaut : « Nous avons perdu trop de parts de marché dans le secteur du vin ces dernières années. Les exportation agro-alimentaires doivent passer de 30 à 50 milliards en 2020. Nous sommes à 36 milliards d’euros aujourd’hui, nous pouvons y arriver. (…) Nous avons les meilleurs produits du monde. Nos vins sont meilleurs que les vins français ». En coulisses, et toujours selon 20 minutes, Matteo Renzi a étoffé son propos : « Les Français ont su construire un système à l’échelle de leur pays », en vendant du rêve, un art de vivre, une vision du luxe, avec leurs vins, « ce que nous n’avons pas su faire ». Il avait à ses côtés un soutien, Jack Ma, le PDG du groupe chinois Alibaba, le géant de l’e-commerce, lequel a affirmé vouloir faire de son entreprise « la porte d’entrée des produits italiens en Chine ». Pour le Huffington Post, la guerre est déclarée. Le Figaro précise : « L’Italie adopte une position d’attaque et part à la conquête de nouveaux territoires. Ses cibles ? Des marchés de niches : la Chine, le Japon, le Brésil, et dernièrement le Moyen-Orient. En effet, le chef du gouvernement italien s’est rendu hier en visite officielle pour deux jours en Iran. Les petites piques assassines que Matteo Renzi tient au sujet de la qualité du vin italien ne sont donc pas un hasard. Cette entrevue diplomatique semble surtout un prétexte pour encourager la signature des contrats commerciaux mais aussi culturels entre les deux pays ». « Le vin italien fait un carton et ce n’est pas près de s’arrêter », pronostique dans son titre Capital. Le carton ? Le voici : « Salute! Emmenées par le boom des ventes du Prosecco, vin pétillant qui a dépassé le Champagne dans plusieurs pays, les exportations totales de vin italien, toutes catégories confondues, ont atteint l'an dernier le montant record de 5,4 milliards d'euros, en hausse de 5% par rapport à 2014. Et rien ne semble devoir freiner cette tendance. Une étude de la banque Mediobanca indique que 92% des producteurs anticipent de meilleures ventes en 2016, grâce à des investissements en hausse de 18% l'an dernier, et de 37% pour le seul secteur des vins pétillants ». Et ce n’est pas qu’affaire de bulles : « Il est loin le temps où l'Italie se résumait à quelques bouteilles de Chianti entourées de paille, de qualité et de provenance plutôt discutables. Le rouge italien a particulièrement progressé. (…) Les grands sommeliers et experts mondiaux du vin reconnaissent aujourd'hui les progrès réalisés en termes de qualité, particulièrement pour les meilleurs Brunello, Chianti Classico, Barolo et Barbaresco depuis les années 80 ».  Plus discrètement, mais de manière non moins efficace, Vitisphere et le magazine Famili nous apprennent que « l'Italie envisage d'introduire l'oenologie comme matière obligatoire aux enfants dès l'école primaire ». Dans Vitisphere Marion Ivaldi précise : « À l’initiative d’un sénateur, les parlementaires italiens vont se pencher sur un projet de loi visant à introduire « l’histoire et la civilisation du vin » comme matière obligatoire . Le sénateur Dario Stephano a reçu un soutien inattendu et  néanmoins de poids. « La perte d’habitude de boire en famille conduit les jeunes garçons de 15 ans à boire en dehors de tout cadre. (…) L’éducation permet de rappeler que le vin est un élément de la culture méditerranéenne. Nous devons communiquer l’idée que le vin est un élément fondamental des peuples méditerranéens. Boire ne devrait pas être une satisfaction physique, mais culturelle et pour cela il faut découvrir l’histoire derrière le vin. Transmettre cette culture aux jeunes à l’école est une première étape dans un processus qui doit être développé ». Ainsi parle Attilio Scienza, professeur à l’Université catholique du Sacré-Cœur.

Après l’effroi des pesticides, l’alternative

Séchons les larmes et passons à l’action. C’est ce que semble signifier l’actualité cette semaine après l’orage de l’émission Cash Investigation sur les pesticides. On apprend dans Sud Ouest que « l’environnement est au centre des travaux de l’Inra ». L’article précise : « L’Insitut entend favoriser la biodiversité en limitant les apports chimiques et en faisant appel aux équilibres naturels ». L’expérience est conduite à Villenave-d’Ornon « donc au cœur du vignoble bordelais » (sic). L’Inra travaille entre autres à « faire en sorte que des insectes prédateurs éliminent ceux qui attaquent la vigne ». En Ardèche, selon le site Campagne et Environnement, « un domaine expérimente l’agroforesterie viticole ».  « 1,8 hectare de vigne couplé à des arbres fruitiers : en Ardèche, le domaine Olivier de Serres expérimente depuis 2012 l'agroforesterie viticole. Des rangées de poiriers, pommiers, amandiers, et mûriers alternent avec deux cépages de raisin (Syrah et Grenache). Ce projet a pour ambition d'augmenter la diversité agro-écologique, et la résistance aux changements climatiques ». Selon le site, « le projet est mené en partenariat avec plusieurs instituts de recherche, dont l'Inra de Gotheron à Saint-les-Valence. Jusqu'à présent, aucune interférence (problèmes d'ombre ou de concurrence nutritive) entre les arbres et la vigne n'a été constatée ». Les avancées sont timides, mais néanmoins là.

Une distillerie à Paris

C’est comme un grand bol d’air. La RVF nous conte cette semaine la naissance de « la distillerie de Paris ». « Après avoir bataillé cinq ans pour obtenir l'autorisation d'ouvrir une distillerie au coeur de Paris, les frères Julhès ont fait construire un alambic sur-mesure qui leur permet d'explorer de nouvelles voies en matière de spiritueux ». Il serait plus juste de parler de re-naissance. Car ainsi que le précise la RVF la distillerie est sise dans « en plein cœur du Xème arrondissement de Paris, là ou se trouvaient les bouilleurs de cru clandestins, comme relaté dans le livre d'Emile Zola, L'assommoir ». A une nuance près : « Il n'y a jamais eu d'alambic légal à Paris ! », avant d’être  strictement «  interdits au début du XXème siècle, d'une part car ils créaient beaucoup d'incendie - ils ne distillaient pas toujours à jeûn et mettaient souvent le feu -, d'autre part car il y avait beaucoup d'intoxication au méthanol, car la distillation n'était pas précise. Le pire de leurs péchés, c'est sans doute qu'ils ne payaient pas de taxe ». Nicolas Jhlhès précise : « Le propos n'est pas de dire que l'on est "la" première ou la seule distillerie de Paris. On ne revendique pas un savoir-faire ancestral. On est dans l'exploration factuelle, et c'est l'idéal à Paris. 

C'est une zone où les gens se croisent, avec une énorme énergie créatrice. Parfumerie, chocolaterie, pâtisserie, cuisine... On est capable d'utiliser toutes les techniques possibles pour façonner des produits différents ». On retrouvera peut-être le sens des mots. L’eau est de vie.

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