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Champagne

La météo des sols pour mieux gérer l’enherbement

Mardi 12 avril 2016 par Christelle Stef

Avec la météo des sols, la gestion de l'enherbement se fait au plus près des ressources hydriques disponibles pour la plante.Avec la météo des sols, la gestion de l'enherbement se fait au plus près des ressources hydriques disponibles pour la plante. - crédit photo : Champagne Heucq
Ce nouveau service, proposé par l'interprofession champenoise, permet aux viticulteurs de piloter l'enherbement de leurs vignes.

Depuis deux ans, le Comité Champagne (l'interprofession) offre un nouvel outil aux viticulteurs : la météo des sols. Concrètement, ce modèle évalue l'eau disponible dans le sol pour la vigne tout au long de la saison. « Nous considérons que la réserve est pleine au 1er janvier. Puis, au fur et à mesure de la saison, on y soustrait l'eau qui a transpiré par la plante et celle qui s'évapore du sol, et on y ajoute celle apportée par les pluies. », indique Olivier Garcia explique Olivier Garcia, responsable du projet au Comité Champagne.

Pilotage de l'entretien des sols

Cet outil est très utile pour piloter l'entretien des sols. « L'an passé, on a très vite vu que les courbes décrochaient. Dès le 9 juin, dans les parcelles aux sols superficiels, on a conseillé aux viticulteurs de réduire le couvert enherbé, par une tonte, un retournement mécanique ou une voie chimique s'ils n'avaient pas d'autre choix », rapporte Olivier Garcia. Le technicien rappelle d'ailleurs l'adage : « Un binage vaut deux arrosages ». Et d'expliquer : « Lorsqu'on retourne un enherbement, on met ses racines à l'air. Celles-ci arrêtent alors de consommer l'eau. Le travail du sol casse également les flux de remontée d'eau. » De cette manière, on limite la contrainte hydrique.

L'outil sert également à prévoir la date des vendanges. Démonstration en 2015. « Dès le 15 juillet, on a vu que les sols devenaient vraiment secs. On a alors établi les trois scénarios les plus probables. Soit la sécheresse se poursuivait jusqu'aux vendanges, comme en 1976. Dans ce cas, les viticulteurs devaient se préparer à vendanger dès la fin août. Soit le millésime se distinguait par une sécheresse jusqu'au 15 août, puis par des pluies abondantes. Dans ce cas, le risque était d'assister à des éclatements de baies et un à développement du botrytis. Les viticulteurs devaient donc se tenir prêts à anticiper les vendanges. C'est ce qui s'était passé en 2010. Soit, dernière possibilité, la saison s'achevait avec des petites pluies régulières. Les viticulteurs devaient alors se préparer à vendanger un millésime d'exception, comme en 1996 », rapporte Olivier Garcia.

Au final, qu'est-il arrivé ? « On a battu un record de sécheresse à la véraison. Puis, plusieurs épisodes pluvieux ont rechargé les sols. Les baies ont grossi sans éclater, sauf dans de rares parcelles. Selon notre modèle, le millésime 2015 s'annonce sous de très bons auspices. » Ce qui se confirme dans les chais.

Le Comité Champagne va faire évoluer l'outil en y intégrant des prévisions météo à sept jours. Les viticulteurs pourront alors réduire plus tôt la concurrence exercée par les enherbements.

Plus de détails sur le fonctionnement de cet outil et des témoignages de viticulteurs sur son utilité pratique dans La Vigne d’avril 2016 paru le 12 avril.

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