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Champagne
Maxime Toubart : « Mon principal objectif est le maintien du partage de la valeur ajoutée »

Maxime Toubart, viticulteur de 40 ans, vient d'être élu président du Syndicat général des vignerons (SGV) de la Champagne. Son principal objectif : aider les vignerons à conserver leur part de marché.
Par Aude Lutun Le 07 avril 2016
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Maxime Toubart : « Mon principal objectif est le maintien du partage de la valeur ajoutée »
Maxime Toubart, fraîchement élu à la président du Syndicat des vignerons de Champagne. - crédit photo : SVG
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Quels sont vos principaux axes de travail pour les deux ans qui viennent ?

C’est le maintien du partage de la valeur ajoutée entre le négoce et les viticulteurs. Ce partage est clairement fragilisé aujourd’hui car le vignoble perd 4 % de part de marché chaque année depuis la crise de 2008. Or, les équilibres champenois sont basés sur le fait que le négoce vend 70 % des bouteilles et les viticulteurs et les coopératives 30 %. Cette proportion tend à se modifier au profit du négoce. Il faut réagir car le partage de la valeur ajoutée n’est pas inscrit dans les statuts de l’interprofession !
Quelles sont les pistes pour doper les ventes des vignerons ?

Il faut les accompagner sur des points basiques mais indispensables comme la création d’un site internet, la conception d’une grille tarifaire, etc. De nombreux vignerons n’ont pas besoin de l’accompagnement du SGV, mais cela peut aider des viticulteurs à maintenir leur activité de vente de bouteilles – même s’ils ne vendent que 5 000 cols – plutôt que de vendre du raisin.

Le SGV va également aider les viticulteurs à développer une offre œnotouristique en favorisant la création de maisons du vin regroupant plusieurs villages par exemple. Le SGV ne sera pas porteur de projet mais initiateur. Nous devons saisir l’opportunité du classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Il nous faut également communiquer sur l’appellation Champagne.
Pensez-vous communiquer sans le négoce ?

Cela fait quinze ans que le SGV souhaite communiquer sur l’appellation Champagne et quinze ans que le négoce refuse. Si une des familles de l’interprofession ne veut pas communiquer, rien n’empêche l’autre de le faire ! Nous allons travailler sur un plan de communication en France et auprès de nos pays voisins.

Le projet Champagne 2030 suscite de nombreuses inquiétudes et rumeurs. Où en êtes-vous ?

Nous sommes encore dans la phase de débat avec le négoce. Il reste des points de divergence. Nous n’avons pas d’échéancier…
Sur le thème de l’agroécologie, le SGV sera-t-il moteur ?

Nous avons pleinement conscience que nos pratiques doivent évoluer. De nombreux progrès ont été réalisés ces quinze dernières années. L’objectif du SGV, avec les services techniques de l’interprofession, est d’emmener l’ensemble des 15 000 vignerons vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement, ainsi que les prestataires. C’est très important d’avoir des vignerons leaders qui montrent l’exemple, mais le syndicat a pour mission de faire progresser tous ses adhérents.

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