LE FIL

Instinct d’originalité

Wine O’clock et l’enchère se la joue dégressive

Dimanche 03 avril 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Exemple de lots mis aux enchères le mardi 29 mars par Wine O'clock.Exemple de lots mis aux enchères le mardi 29 mars par Wine O'clock. - crédit photo : Baghera/Wines
Située en Suisse, Baghera Wines a lancé le 29 mars sa première vente aux enchères sur le web en bousculant les codes de cet univers : les prix se font dégressifs au fur et à mesure de la vente.

Le monde des enchères du vin manquait-il d’originalité ? A la question, Michel Ganne, ancien de Christies et co-fondateur de Baghera Wines, ne répond pas. Il innove. En lançant, le 29 mars, Wine O'clock, la société vient de donner discrètement une nouvelle vision de l’enchère dans le vin. Elle n’est cependant pas neuve, s’empresse d’indiquer Michel Ganne. Elle s’inspire du marché aux fleurs au cadran des Pays-Bas. Son principe est simple : le prix de l’enchère décroît au fur et à mesure du temps jusqu’au prix de réserve. L’acheteur n’a plus qu’à se fixer le prix d’achat qu’il lui semble le bon et cliquer lorsque l’enchère atteint le prix. Le premier à cliquer est celui qui remporte l’enchère. Excitation et tension garanties. « Ce type d’enchère est rapide, direct et juste au niveau du prix » souligne Michel Ganne.

Avec 43 lots (tous vendus) mis aux enchères pour réunir environ 200 000 francs suisses, cette première vente n’est pas historique par sa taille. Mais, ce n’est pas dans la philosophie de Baghera Wine’s de rechercher les records. « C’est la passion du produit qui nous anime avant tout » tient à souligner Michel Ganne, signant ainsi une particularité qui, selon lui, devient rare dans le monde des enchères. Selon lui, le défi de ce type de vente reste la traçabilité et l’authentification des bouteilles. « S’il y a eu un engouement à partir de 2008 pour les placements dans le vin, c’est que, tout comme l’immobilier ou l’art, le vin, quelque soit l’orientation des marchés financiers, conserve une valeur même en baisse. Ce n’est pas le cas avec les placements financiers : du jour au lendemain un placement a pu perdre la totalité de sa valeur. Mais, si le vin est faux, sa valeur est totalement perdue ». Et puis, ajoute-t-il, c’est un placement plaisir. « Si on ne veut pas vendre les bouteilles, on peut toujours les boire et s’amuser entre amis ». Reste qu’il faut quand même y trouver un retour sur investissement. « Les 2011, 2012 et 2013 de Bordeaux restent des millésimes avec des difficultés de vente. Pourquoi acheter un tel millésime quand un 86 vaut le même prix et qu’il est bon à boire ? Je n’arrive pas à comprendre ». Une question de patience peut-être ?

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