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À la carte

Un projet de pulvérisation intelligente des phytos sur la vigne

Mardi 29 mars 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 30/03/2016 17:51:32

Les cartographies NDVI sont la clé de voûte du projet de pulvérisation différenciée, reste à transposer quasi-automatiquement ces données brutes en zonages exploitables.
Les cartographies NDVI sont la clé de voûte du projet de pulvérisation différenciée, reste à transposer quasi-automatiquement ces données brutes en zonages exploitables. - crédit photo : Vignerons de Buzet/Telespazio
L’optimisation des traitements viticoles par la cartographie GPS n’est pas encore une réalité. En Aquitaine, un projet collaboratif s’y attaque, visant un déploiement pour 2018.

« La viticulture est en retard par rapport aux nouvelles technologies », regrette Benjamin Banton, le directeur général du prestataire de services viticoles Banton et Lauret. Réalisant de plus en plus de travaux de traitements (900 hectares couverts), l’applicateur appelle de ses vœux « le développement de la pulvérisation de précision, qui est une question de responsabilité par rapport au vignoble et à l’environnement ». Cette volonté est partagée à l’identique par les Vignerons de Buzet, qui réfléchissaient justement au développement de pulvérisation différenciée. Portant chacune leurs projets, les deux entreprises viennent de les fusionner en se réunissant dans un consortium* pour la création d’un kit d’épandage intelligent : l'OISEAU (pour OptimISation de l'Epandage AUtomatisé).

"Autant amortir l’outil avec d’autres travaux"

« Tout l’enjeu avec ces technologies est de lever le frein du coût de l’outil (GPS, ordinateur de bord, connexion au pulvé…) », souligne Sébastien Labails. Le responsable du vignoble de la cave coopérative de Buzet en sait quelque chose, menant depuis 2014 des essais de fertilisation différenciée (avec le constructeur New Holland et les cartes de Telespazio). Cette technique ne s’est pas généralisée dans le vignoble à cause des prix d’achat (10 000 à 15 000 euros le kit complet). « Pour baisser le coût, autant amortir l’outil avec d’autres travaux* », explique-t-il.
Environnement et traçabilité
 
Soutenu par le conseil régional, ce projet de pulvérisation modulée se donne pour objectif de réduire de 30 % les quantités de produits phytosanitaires épandues sur les parcelles. En pratique, ce pulvérisateur de nouvelle génération n’aura pas une finesse d’adaptation au cep ou au manquant. Mais il est envisageable que la dose soit modulée « par bloc de 10 pieds par 10, estime Sébastien Labails, ce qui est déjà beaucoup dans une parcelle hétérogène, selon la vigueur des pieds. Ce sera au conseiller de déterminer les différentes zones, il faudra aussi développer un outil cartographique automatisant ces dessins. »
 
Revendiquant une approche d’utilisateur et non de constructeur, ce projet prévoit également que son logiciel enregistre la traçabilité des opérations de traitement, ce qui permettrait de la générer automatiquement. L’objectif final est ainsi d’assurer la bonne réalisation des traitements – sans oublier un rang ou en évitant de passer deux fois au même endroit – mais pas seulement. L’outil permettrait également une « communication intelligente », espère Benjamin Banton, en indiquant « la bonne information à la bonne personne et au bon moment ». Il pense non seulement à ses clients, mais également au voisinage des parcelles. Il essaie déjà d’informer les riverains dans la mesure du possible, par courrier ou courriel.
Objectif : un kit pour mieux traiter en 2018
 
Le cahier des charges agronomique du projet a tout juste été finalisé et se trouve actuellement en phase de développement par des informaticiens. Un premier prototype est attendu pour cette campagne de traitement. Au terme des essais, la mise en application d’un kit finalisé sera effective pour la campagne de fertilisation 2017-2018 et pour la protection du vignoble en 2018.
 
 
* En plus des acteurs évoqués dans l’article, le consortium réunit Digital Aquitaine, le cabinet Ertus Consulting, le spécialiste de la navigation Helileo, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) et le cluster Inno’Vin.

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