LE FIL

Réduction des phytos

Terra Vitis Bordeaux lance son réseau DEPHY

Jeudi 24 mars 2016 par Alexandre Abellan

« Le réseau DEPHY, c’est une démarche volontaire donnant l’exemple » lance Jean-Michel Baudet ce 22 mars, dans les vignes du château Malbec (Bordeaux).
« Le réseau DEPHY, c’est une démarche volontaire donnant l’exemple » lance Jean-Michel Baudet ce 22 mars, dans les vignes du château Malbec (Bordeaux). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Stimulés par Ecophyto 2, une dizaine de vignerons certifiés sont volontaires pour se lancer dans ce réseau de réduction de pulvérisation, avec l’objectif de donner l’exemple, et rassurer.

« Il y a dix ans, on ne travaillait pas la vigne comme maintenant. Et dans dix ans, ce sera encore différent » promet Jean-Michel Baudet, le président de Terra Vitis Bordeaux. Au sein de l’association, la volonté de progrès technique passe essentiellement par son cahier des charges transversal (de la plantation à la mise) et son audit annuel (pour une certification équivalente au niveau 2 de la Haute Valeur Environnementale). Mais elle compte aussi sur la volonté d’expérimenter pour s’améliorer.

A l’occasion de l’assemblée générale de l’association girondine, ce 22 mars, son président a ainsi lancé un appel à créer en son sein un réseau DEPHY (Démonstration Expérimentation Production de références sur les systèmes économes en pHYtosanitaire). Une dizaine de volontaires s'est manifestée, ce qui permet d’envisager un lancement de ce réseau pour la campagne 2016 (ne manquera plus que l’aval de l’administration, une fois la liste des candidats finalisée).

Expérimentation et émulation

« C’est un challenge de réduire au maximum nos traitements par rapport à aujourd’hui, tout en gardant les mêmes rendements et en préservant la qualité » s’enthousiasme Jean-Michel Baudet. Au nom des membres de l'association, il revendique une démarche de développement durable pragmatique. Où chaque décision est justifiée, pour réduire son empreinte sur l’environnement sans mettre en péril l’équilibre économique de l’exploitation.

Ce challenge cultural doit surtout rassurer les sceptiques. En montrant des résultats tangibles, le réseau doit lever le poids des habitudes et des craintes d’accidents techniques. « Il n’y a pas une solution miraculeuse pour réduire les intrants phytosanitaires, il faut de l’observation et un matériel performant et bien réglé » souligne Jean-Michel Baudet, qui reconnaît être un adepte de la pulvérisation confinée (possédant lui-même des panneaux récupérateurs). Il croit également dans le potentiel des produits de biocontrôle, comme la kaolinite calcinée.

Lacune commerciale

Si l'expertise viticole de Terra Vitis est indéniable (ayant souvent précédé des évolutions réglementaires), son efficacité sur les marchés est moins reconnue, entraînant des départs d’adhérents. « Certains ne sont pas convaincus par les performances commerciales de la marque, et passent généralement au bio » reconnaît Jean-Michel Baudet. « Nous n’avons pas eu la médiatisation du bio*, mais nous avons de très bons impacts à l’export (reconnaissance par les monopoles Systembolaget en Suède ou la Société des Alcools de Québec) ». Taquin, il conclut être attaché « à la certification Terra Vitis, c’est un signe durable. Elle a déjà vu passer l’Agriculture Raisonnée et verra passer la Haute Valeur Environnementale… »

L’association girondine Terra Vitis réunit une cinquantaine d’adhérents pour 3 000 hectares de vigne. A la suite du plan Ecophyto 1, il existe deux réseaux DEPHY en Gironde (le plan Ecophyto 2 est à l’origine de cette seconde vague).

 

* : Jean-Michel Baudet souligne qu’au-delà de l’origine biologique des produits de traitement, la principale divergence entre Terra Vitis et la viticulture bio concerne les doses de cuivre : « fixé pour nous à 4 kilos par hectare et par an, avec une recommandation d’un à deux traitements par an ».

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé