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Veuve Ambal
Des IGP effervescents pour concurrencer le cava et le prosecco

La maison de négoce Veuve Ambal est spécialisée dans l'élaboration de vins effervescents et plus particulièrement de crémant de Bourgogne, dont elle est le leader. Ses priorités du moment : sécuriser ses approvisionnements en raisins pour ses crémants et développer le créneau des effervescents en IGP Méditerranée.
Par Juliette Cassagnes Le 17 mars 2016
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Des IGP effervescents pour concurrencer le cava et le prosecco
Sur son site de de 22000 m2 à Montagny-lès-Beaune , Veuve Ambal produit 15 millions de bouteilles de crémants, de vins mousseux et de boissons fermentées aromatisées à base de vin - crédit photo : Veuve Ambal
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euve Ambal est une société restée familiale, détenue par la famille Piffaut. Elle produit annuellement 6 millions de bouteilles de Crémant de Bourgogne, commercialisés sous marque distributeur et sous sa marque éponyme. Sur un total de 17 millions de cols produits dans l'appellation « Crémant de Bourgogne » toute entière, l'entreprise est donc, de loin, le leader sur ce produit. Mais ces dernières années, celle-ci est de plus en plus confrontée à des « difficultés d'approvisionnement ». En cause : les petites récoltes successives, ou encore le développement de la vente directe par les vignerons. Outre la production issue des 250 hectares de vignes détenus en propriété, la maison de négoce a en effet besoin d'acheter l'essentiel de ses raisins – 70% de ses volumes, soit l'équivalent de 4,2 millions de cols – auprès de viticulteurs ou des caves coopératives de Bourgogne.

Même si sa production a progressé de 15% en 2015, grâce à une récolte 2014 plus abondante, l'entreprise cherche donc à plus « sécuriser » ses approvisionnements pour l'élaboration des crémants. Pour y parvenir, elle envisage de faire passer de 30% à 50% la part du volume de raisins issus de vignes en propriété : « Nous sommes donc à la recherche d'opportunités, indique Aurélien Piffaut, directeur des ventes. L'idéal serait d'atteindre à terme une surface de 500 à 600 hectares, mais c'est compliqué, car le vignoble est petit et très morcelé ». La famille vise plus particulièrement le mâconnais, « une terre de cépages blancs avec des rendements et des surfaces intéressantes ».

Identité régionale et prix, les deux raisons du succès des prosecco

Outre des crémants, Veuve Ambal produit aussi plus de dix millions de bouteilles d'autres vins effervescents : des vins mousseux en cuve close (5 millions), des « méthodes traditionnelles » (4 millions), ou encore des boissons fermentées aromatisées à base de vin (1,5 million). Une production assurée sur ses deux sites, celui de Montagny-lès-Beaune (Côte d'Or), où est également situé le siège de l'entreprise, et celui de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), récemment agrandi. Pour leur élaboration, la maison s'approvisionne en « vins de base » des Charentes, du Gers, du sud de la France ou encore d'Espagne.

Mais plus récemment, l'entreprise a fait le choix de se développer sur le créneau des rosés effervescents en IGP Méditerranée, sous sa marque « Rivarose ». Autorisée depuis fin 2014, la production est encore "confidentielle", avec 110000 bouteilles commercialisées en 2015, en France et à l'export. Mais l'idée est de la développer rapidement. Pour 2016, l'objectif est de dépasser les 200000 cols. Ce choix stratégique vise en réalité à concurrencer directement les Cava et Prosecco en lieu et place du crémant, devenu « trop cher et moins compétitif » que ses concurrents. Produit à partir de raisins de Syrah de la vallée du Rhône, donc moins coûteux que la matière première bourguignonne, l'IGP effervescent s'avère intéressant sur deux plans : ce produit permet de proposer un tarif attractif aux consommateurs « qui n'acceptent pas les hausses de prix du crémant » et qui sont par ailleurs attachés à l'aspect « identité régionale », ce que permet l'IGP. Grâce à ces deux critères, l'IGP peut ainsi venir « se battre », à armes égales, contre les Cava et Prosecco. « Le coût de production moindre et l'origine : c'est ce qui fait que cela fonctionne », analyse le directeur des ventes, au sujet de ces deux vins. La clientèle visée par l'entreprise est par conséquence la même que ses concurrents italiens et espagnols : les jeunes. Un « axe innovant en terme de packaging » a donc été choisi (voir photo plus bas). Une production de rosés exclusivement, « tendance qui fonctionne bien », a par ailleurs été décidée.

Et pour anticiper une éventuelle fin d'autorisation de leur commercialisation, la société a volontairement misé fort sur le marketing : « Nous mettons en place une marque, Rivarose, crédibilisée par l'IGP, et un packaging à forte identité, au cas où l'IGP ne soit plus validée, détaille Aurélien Piffaut. Si cette dernière n'est plus possible, nous conserverons la marque ».

« Nous sommes sur un secteur porteur, il y a plein de choses à faire...conclut celui-ci, à propos des crémants et des IGP effervescents. Il ne faut pas rater la dynamique, et être aussi bons que nos concurrents ».

Le Rivarose brut de la maison Veuve Ambal, en IGP Méditerranée :

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