LE FIL

Maladies du bois

La taille mutilante favorise l’esca

Vendredi 11 mars 2016 par Christelle Stef
Article mis à jour le 15/03/2016 13:40:45

Pascal Lecomte, chercheur à l'Inra de BordeauxPascal Lecomte, chercheur à l'Inra de Bordeaux - crédit photo : Christelle Stef
Les ceps taillés en respectant les flux de sève et sans grosses plaies sont moins atteints par l'esca que leurs voisins mutilés. L'Inra vient d'en apporter la preuve.

Le mode de conduite et surtout la qualité de la taille ont un impact déterminant sur l'esca. Pascal Lecomte, chercheur à l'Inra de Bordeaux, en est convaincu depuis 2007. Il vient de présenter des chiffres spectaculaires à l'appui de sa thèse.

Depuis 2014, avec d'autres partenaires, Pascal Lecomte compare des couples de parcelles similaires et voisines dans différentes régions. Elles ont le même âge (à un an près). Elles évoluent dans le même environnement. Enfin, elles sont plantées du même cépage et du même porte-greffe (le plus souvent). Mais l'une des parcelles de chaque couple est très touchée par l'esca, l'autre non.

Dans le Gers, il a suivi deux parcelles de colombard. En 2015, il a noté 13 % de ceps improductifs dans l'une et 43 % dans l'autre. La première est conduite en guyot double avec deux bras bien formés. Presque trois fois plus atteinte par l'esca, la seconde est taillée en guyot simple sans véritable bras. Dans le Jura, il a trouvé des résultats similaires.

Une démarche classique en étiologie

À Castillon, en Gironde, le chercheur a obtenu des résultats encore plus parlants. Là, il a comparé deux parcelles voisines de 50 m et plantées avec des cépages de même sensibilité à l'esca (cabernet franc et cabernet-sauvignon). La première est conduite en guyot double avec des bras longs. Le viticulteur y applique la taille poussard et respecte bien les flux de sève. Dans la deuxième, les ceps sont conduits en guyot simple avec des bras courts, voire inexistants. En 2015, dans cette parcelle, 76 % des ceps étaient improductifs contre 12 % dans la parcelle bien taillée. C'est sept fois plus !

« Nous avons suivi une démarche classique en étiologie, explique Pascal Lecomte. Nous avons cherché des parcelles très malades. Nous avons noté leurs caractéristiques et nous les avons comparées à des parcelles équivalentes, mais peu atteintes. Ensuite, nous avons confronté les pratiques viticoles. » Seule différence notable dans tous ces couples de parcelles : la qualité de la taille.

Plus de détails sur les recherches de Pascal Lecomte et sur les constats d’autres spécialistes quant à l’effet délétère de la taille mutilante dans La Vigne n°284 de mars, expédiée le 11 mars aux abonnés. 

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vigneron de Rions Le 11 mars 2016 à 22:49:52
Moi je ne suis qu'un simple Paysans, pas un grand chercheur, mais pragmatique et observateur. J'ai des sémillon qui ont 22 ans dont la grande majorité a déjà rendu l'âme, sur le même terroir à quelques mètres j'en exploite d'autres dont on ne connait pas l'age, surement d'avant 70, greffé sur place par le vigneron, surement des sélections masales... taillé de la même manière que les autres... Pas de perte en liquoreux avec le mauvais pourri. Quasiment pas de mortalité... Mais je n'en tire aucune conclusion, je ne suis pas "certifié" pour...
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