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Santé

Le French Paradox est toujours d’actualité

Lundi 14 mars 2016 par Marion Bazireau/Marion Bazireau

Les premières Journées Méditerranéennes ont réuni chercheurs, médecins et professionnels du vin autour du thème 'Vin et Santé'.
Les premières Journées Méditerranéennes ont réuni chercheurs, médecins et professionnels du vin autour du thème 'Vin et Santé'. - crédit photo : Marion Bazireau
Le French Paradox énoncé par Serge Renaud en 1991 est encore d’actualité. Et le vin ne prévient pas que les maladies du cœur. En 25 ans, les chercheurs lui ont trouvé bien d’autres atouts. Les 9 et 10 mars, à Hyères, ils se sont attachés à le démontrer à l’occasion d’un colloque sur le vin et la santé.

Le Docteur Dominique Lanzmann-Petithory a longtemps collaboré avec Serge Renaud, père du « French paradox ». 25 ans plus tard, à l’occasion de deux journées dédiées au vin et à la santé*, elle a démontré que le concept n’a pas pris une ride. « La France a toujours la deuxième mortalité la plus basse du monde par maladies cardiovasculaires derrière le Japon, alors que les français ont plus de cholestérol, sont de plus gros fumeurs et consomment davantage de graisses saturées que les américains ». Ce qui les sauve, c’est qu’ils sont toujours les premiers buveurs de vin.

Selon Pierre-Louis Teissèdre, de l’ISVV, la consommation modérée de vin rouge (jusqu’à deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes) diminue les risques de maladies cardiovasculaires de 30 à 40%. Ceci grâce à ses fortes teneurs en polyphénols, aux propriétés antioxydantes, anticoagulantes et vasodilatatrices. Selon les chercheurs, pour arriver au 0,5 gramme de polyphénols contenus dans un verre de vin rouge, qui représente près de la moitié des apports journaliers des Français, il faut boire un 1,8 litre de vin blanc, 1 litre de jus d’orange, manger 4 pommes ou 550 grammes d’oignons.

De nombreux atouts santé

Le vin n’agit pas que sur le système cardiovasculaire. Entre 2014 et 2015, Jérôme Maes, chargé de mission au cabinet Alcimed, a recensé plus de 1200 études liées au vin et à la santé, à la demande de Vin & Société. « Plusieurs montrent un consensus** sur les bénéfices du vin quant à la survenue du diabète de type II, des cancers colorectaux et de l’œsophage. En plus, le vin retarde les maladies d’Alzheimer et de Parkinson ». Jérôme Maes a également constaté l’existence de pistes sérieuses concernant la mortalité en général, la prévention du cancer du rein, un effet bénéfique sur la densité osseuse et l’ostéoporose.

Norbert Latruffe, instigateur du colloque et professeur à l’Université de Bourgogne, a quant à lui expliqué que certains stilbènes présents dans les vins rouges et blancs, comme le resvératrol, sont anti-inflammatoires. Ils se révèlent être de bons alliés dans la lutte contre la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) et l’arthrose.

« Et les chercheurs continuent leurs recherches pour découvrir de nouvelles molécules et déterminer celles qui présentent le meilleur potentiel thérapeutique », a expliqué Cédric Saucier, professeur à l’Université de Montpellier.

 

* Les 9 et 10 mars à Hyères, une trentaine de chercheurs, médecins et professionnels du vin se sont retrouvés pour les premières Journées Méditerranéennes, organisées par la Chaire Unesco « Culture et tradition du vin ».

** Le cabinet Alcimed a considéré que les effets du vin sur la santé étaient prouvés lorsqu’au moins huit études aboutissaient au même résultat ou lorsque 4 études montraient des effets similaires sur des populations d’au moins 100 000 personnes.

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