LE FIL

Affaire du sponsoring chilien

« Nos vins sont bienvenus sur le tour de France »

Samedi 27 février 2016 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 01/03/2016 15:29:59

Jerôme Despey et Jean-Marie Barillère sur le pavillon des vins au Sia
Jerôme Despey et Jean-Marie Barillère sur le pavillon des vins au Sia - crédit photo : Bertrand Collard
Jérôme Despey réagit au coup de sang des vignerons de l'Aude, scandalisés de savoir que le vin officiel du tour de France est chilien. Il assure que les vins français sont bienvenus sur le tour.

Jérôme Despey est un peu amer. « Je n'ai pas attendu les réactions syndicales pour m'intéresser au sponsoring du tour de France, affirme le président du conseil des vins de FranceAgriMer. J'ai rencontré Christian Prudhomme, le directeur du tour de France, en mars 2015, pour comprendre comment on en est arrivé là. »

Il soutient qu'à l'époque déjà, il s'est étonné de l'accord qu'avait passé l'organisation du tour avec Cono Sur, faisant de ce vin chilien le vin officiel de l'épreuve. Jusqu'à ce jour, il n'en avait pas parlé. Mais comme l'affaire échauffe le syndicat des vignerons de l'Aude, il sort de sa réserve à l'occasion du salon de l'agriculture.

"Cela fait plus d'un an que nous travaillons avec l'organisation du tour pour étudier un partenariat avec la filière viticole"

Dans un communiqué publié le 22 février, le syndicat des vignerons de l'Aude menace de bloquer des étapes du tour de France. Et il invite les autres syndicats à le rejoindre. Contrairement à l'an dernier, cette année, le tour passe dans le Languedoc. L'étape du 13 juillet l'emmène de Montpellier à Narbonne. Ce qui a attiré l'attention des vignerons de l'Aude. Ces derniers ne conçoivent pas que l'une des plus célèbres épreuves organisées en France, fasse la promotion de vins étrangers.

« Cela fait plus d'un an que nous travaillons avec l'organisation du tour pour étudier un partenariat avec la filière viticole, insiste Jérôme Despey. Jusqu'à l'an dernier, la loi Evin ne nous permettait pas de faire du parrainage. »

Avec l'assouplissement obtenu en novembre dernier, qui autorise explicitement la communication sur les terroirs et les savoir-faire liés au vin, des possibilités s'ouvrent. « On doit pouvoir mettre en avant les terroirs viticoles. Mais pour les produits, il faudra faire très attention », souligne Jean-Marie Barrillère, président du Cniv, le comité de liaison des interprofessions viticoles. Il est donc question que des interprofessions se présentent comme éventuels sponsors.

Une rencontre est prévue jeudi prochain entre la direction du tour de France et la filière viticole sur le pavillon du vin, à ce sujet.

Le partenariat entre le tour de France et Cono Sur est signé jusqu'en 2017. D'ici là, les producteurs de vin peuvent mettre en avant les produits de leurs terroirs à chaque étape du tour. « C'est possible et le tour de France le souhaite », assure Jérôme Despey.

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VOS RÉACTIONS
vigneron du midi Le 02 mars 2016 à 07:08:34
Il y a sans doute un problème tant du coté des responsables marketing du TdF que du manque de dynamique coté promotion des vins français, languedociens ou audois. Cela fait une éternité que le TdF fait des étapes à l'étranger. Les vins français auraient depuis tout ce temps eu l'occasion de faire de la promo. Il est vrai aussi que le TdF pour mieux assoir sa marque aurait pu signaler à l'Interpro qu'il y avait moyen de ne pas tenir compte de la loi Evin. De là à bloquer le tour pour manifester sa colère pour ces occasions ratés, me paraît plus que maladroit. La colère paysanne est sans doute politique, mais sur le plan image elle ne fait que favoriser les produits plus sympathiques aux yeux des consommateurs.
craoux Le 27 février 2016 à 17:52:33
Je suggère au Syndicat des vignerons de l'Aude de s'élever contre le fait que ce soit des "étrangers" qui gagnent le Tour ! ...
Santo Le 27 février 2016 à 17:34:01
J'ai beau tourner dans tous les sens le communiqué de monsieur Rouanet, du syndicat des vignerons de l'Aude,je n’en comprends ni les arguments ni la cible et encore moins son appel à bloquer certaines étapes du Tour (une contre publicité pour nos vins et nos vignobles…) suite de cette chronique ici : http://contre-regard.com/un-vin-chilien-partenaire-officiel-du-tour-de-france-les-vignerons-audois-en-colere-mais-pourquoi/
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