LE FIL

François Hollande au Sia

« Vous allez pleinement bénéficier de la baisse du coût du travail »

Samedi 27 février 2016 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 01/03/2016 19:01:54

François Hollande se prépare à déguster un rivesaltes de son année de naissance sur le pavillon des vins au Sia
François Hollande se prépare à déguster un rivesaltes de son année de naissance sur le pavillon des vins au Sia - crédit photo : Bertrand Collard
François Hollande a reçu un bon accueil sur le pavillon des vins où il a dégusté un vin de son année de naissance. Mais hors de question pour lui de parler du compte pénibilité.

François Hollande n'est plus qu'à quelques mètres du pavillon des vins du salon de l'agriculture à Paris. Juste le temps pour les journalistes de BFM de finir leur interview des responsables du stand. « Les messages que vous avez fait passer l'an dernier ont-ils été entendus ? », demandent-ils à Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer et à Jean-Marie Barillère, président du Cniv. « Oui, ont-ils répondu. Nous avions un message très clair : obtenir une clarification de la loi Evin. Nous l'avons obtenue. »

"J'ai l'impression de ne jamais vous avoir quittés "

Il est 8h25 ce samedi 27 février. Les gardes du corps et conseillers qui entourent François Hollande chassent les journalistes. Le président de la République est déjà là. « J'ai l'impression de ne jamais vous avoir quittés », lance-t-il dans un sourire amical à Jérôme Despey et à Jean-Marie Barillère. Fait-il allusion aux longues tractations pour obtenir la clarification de la loi Evin qui l'ont conduit à se rendre à Vinexpo, puis à suivre les débats au parlement et au sein de son gouvernement ? Sûrement.

Un stand pour expliquer les métiers du vin

En tous cas, les responsables professionnels ont bien cet épisode en tête. Ils ont prévu de remercier le président de la République pour son soutien dans cette affaire. Ce qu'ils font. « Ce stand est dédié à expliquer nos métiers et nos terroirs, indiquent-ils au président de la république. Nous avons pu le faire grâce à la clarification de la loi Evin ».

« Cela n'a pas été facile, répond François Hollande. Il a fallu faire preuve de pédagogie. Nous avons trouvé un équilibre qui offre plus de souplesse aux opérateurs. » On se souvient en effet que la ministre de Santé s'était opposée à tout changement de la loi.

Puis Jean-Marie Barillère évoque les « menaces pour demain » : les barrières douanières, les usurpations d'appellations à travers le monde. « Les pays concurrents font la promotion de leurs vins et sont souvent protectionnistes », convient François Hollande qui a pu le constater en Argentine d'où il revenait.

Jean-Marie Barillère enchaîne sur la nécessité de maintenir une OCM structurante pour la viticulture. « Nous ne voulons pas d'aides à l'hectare, mais qu'on nous donne les moyens d'être compétitifs. »

« Dernier élément : le compte pénibilité. Il est inapplicable » lance Jérôme Despey. Immédiatement, François Hollande affiche un visage moins avenant. Il ne veut pas discuter de ce sujet. « Vous allez pleinement bénéficier de la baisse du coût du travail comme tous les autres secteurs », retorque-t-il à Jérôme Despey, faisant allusion à la baisse des charges sociales annoncée par Manuel Valls le 17 février. Fin de la discussion. En route vers la dégustation.

Un rivesaltes servi au président

Trois vins étaient au programme. Mais l'équipe du président a fait savoir qu'il n'en dégusterait qu'un. Etienne Laporte, sommelier, choisit le plus rare des trois. Le prétexte à une petite distraction. « C'est un vin blanc qui a pris un ton ambré au contact du bois. De quel millésime est-il ? »  demande-t-il au président de la République.

« Il a bien vieilli, souligne François Hollande après l'avoir dégusté. Il doit être de 1954 (son année de naissance, NDLR). Et il se conserve bien. Et il rosit en vieillissant ! ». Une manière de rappeler qu'il reste de gauche à ceux de son camp qui en doutent ?

Ce vin, c'était un rivesaltes ambré de la maison Cazes. Etienne Laporte avait également prévu un beaujolais blanc du domaine du Moulin blanc et un vinsobres du Cellier des dauphins. François Hollande n'a pas eu le temps de les déguster. Malgré cela, son passage sur le pavillon du vin fut un moment de répit au cours de sa visite très agitée du salon.

 

Le rivesaltes dégusté par François Hollande

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