LE FIL

Avis aux Géo Trouvetou

Vignerons bricoleurs, partagez vos trouvailles !

Lundi 22 février 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 23/02/2016 16:10:26

Animateur et utilisateur du réseau Atelier Paysan, Nicolas Sinoir et Antoine Pignier témoignent de la possibilité pour les vignerons de se réapproprier leur matériel, en le concevant selon le modèle open-source.
Animateur et utilisateur du réseau Atelier Paysan, Nicolas Sinoir et Antoine Pignier témoignent de la possibilité pour les vignerons de se réapproprier leur matériel, en le concevant selon le modèle open-source. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
L'Atelier Paysan lance un appel aux innovations viticoles : celles bricolées sur le terrain et qui pourraient être transmises de pair à pair.

Intervenant aux journées techniques de la viticulture bio d’Aquitaine, ce 17 février à Blanquefort, le réseau coopératif de l’Atelier Paysan a lancé un appel aux innovations viticoles. Celles bricolées sur le terrain et utilisées dans une exploitation, et qui pourraient être transmises de pair à pair, par l’auto-construction permettant l’adaptation à sa propre situation. « Les idées partent de la vigne, que ce soit à partir de pratiques existantes ou pour répondre à des contraintes locales » pose Nicolas Sinoir (animateur nationale de l’Atelier Paysan), qui précise que « la démarche accompagne la standardisation d’une idée individuelle. Pour en faire une copie essaimable et réalisable avec le matériel de la ferme (poste à souder, meuleuse, perceuse à colonne…) »

Une fois l’innovation repérée et formalisée, elle peut être validée par la duplication, l’expérimentation et l’adaptation à d’autres contextes culturaux. Ensuite elle est « libérée », c’est à dire diffusée via des formations régionales à l’auto-construction, pour son appropriation et son adoption, et via internet, où les plans sont disponibles sous la licence Creative Commons. « Il n’y a pas de confiscation par un brevet, mais la création d’un bien commun pour le collectif » prêche Nicolas Sinoir.

La preuve par l’exemple

La démarche de l’Atelier Paysan se traduit en viticulture par la création du « dahu » à Saint-Joseph (outil de travail du sol pour les rangs de vignes en dévers) et d’un semoir à engrais vert, conçu par le vigneron jurassien Antoine Pignier (domaine Pignier, 15 hectares en biodynamie à Montaigu). Présentant l’outil dans le vignoble bordelais, il se rappelle d’infructueuses « tentatives de semis avec du matériel classique. Les résultats n’étaient pas adaptés, les machines étaient trop lourdes, trop larges…. » D’où l’idée de construire son propre semoir, « avec des disques trancheurs devant et un grip de dérive derrière, permettant de ne pas bouleverser le sol » résume-t-il.

Son expérience ayant été concluante, ce sont désormais dix autres semoirs qui ont été conçus lors de stages d’auto-construction de l’Atelier Paysan. Ces outils se « libèrent » désormais, de l’Alsace au Languedoc. Et pour « un coût de 2 300 €* de ferraille et de distribution, contre 8 à 12 000 euros pour une machine de constructeur, d’après les catalogues du marché » souligne Nicolas Sinoir.

 

* : Auxquels s’ajoutent les coûts de la formation, comprenant un soutien à la R&D de l’Atelier Paysan et l’amortissement prématuré des machines (pour cause de casse).

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé