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Région invitée

Les vins de Bordeaux s’essaient avec curiosité à Vinisud

Lundi 15 février 2016 par Alexandre Abellan

52 domaines et négociants bordelais ont investi une partie du hall B4, dont les allées restaient encore clairsemées ce lundi matin.
52 domaines et négociants bordelais ont investi une partie du hall B4, dont les allées restaient encore clairsemées ce lundi matin. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Les portes leur étant désormais ouvertes, des vins de Bordeaux ont saisi la possibilité de s’essayer à Vinisud, même s’ils savent ne pas y être attendus.

Jusque-là ouvert aux vignobles du sud de la France sauf Bordeaux, le salon Vinisud a invité pour sa douzième édition les vins girondins. Un changement de paradigme saisi par 52 domaines et négociants, curieux de s’essayer à ce rendez-vous montpelliérain. « On a besoin de se rendre compte de ce que peuvent nous apporter les salons qui marchent pour d’autres » résume Jean-Luc Zell, le directeur du château d’Agassac (cru bourgeois en Haut-Médoc), présent sur le stand collectif des Vignerons Indépendants de Gironde.

Cet intérêt n’a pas été partagé l’interprofession bordelaise. Si le CIVB n’a pas saisi l’invitation, c’est notamment en réaction à la stratégie adoptée par Vinisud de contre-carrer le nouveau salon Vinipro en avançant ses dates et s’ouvrant à Bordeaux.

Dans le catalogue de Vinisud, un seul syndicat viticole a fait le déplacement, celui des Côtes de Bourg. Mais « c’est une réponse collective à une demande initiée par des vignerons, pour être présents à un salon qui a pignon sur rue » précise le vigneron Stéphane Donze (château Martinat, Côtes de Bourg), qui ne souhaite pas que les Côtes de Bourg apparaissent comme des francs-tireurs. « Trop peu de viticulteurs ont souhaité exposer à Vinipro, on ne pouvait pas y monter de stand, mais on lui souhaite longue vie » ajoute-t-il.

Stratégie marketing

Pour certains exposants bordelais, Vinisud doit leur permettre de toucher leurs clients en amont de Prowein, et de réaliser du business. « C’est un salon fréquenté et qualitatif, les professionnels viennent pour les affaires » témoigne Frédéric Costella, le nouveau directeur des crémants de Bordeaux Ballarin (qui connaissait le salon sous la casquette de directeur de la Cave du Marmandais). Pour d’autres, c’est l’occasion de maintenir et développer leur carnet d’adresse national. « Vinisud est un salon qui monte et qui nous permet de cibler les visiteurs du secteur traditionnel, cavistes et restauration » explique Bastien Lalande, attaché commercial pour la maison Ballande et Ménéret.

Et avec le bilan des trois jours de salon viendra la question de l’avenir de cette invitation à Bordeaux. Le Conseil d’administration de Vinisud devra en effet juger à la clôture de sa pérennisation, ou non. L'orientation est loin d’être neutre, alors que Vinisud souhaite passer à un rythme annuel, se plaçant en confrontation directe avec Vinexpo. Une perspective qui ne pousse pas le moins du monde les représentants du vignoble bordelais à participer à Vinisud.

L’arrivée de Bordeaux vue du Sud-Ouest
Alors que les domaines du Sud-Ouest plaisantaient, lors des précédentes éditions, en baptisant Vinisud comme le "Vinexpo sans le rouleau compresseur Bordeaux », ils se montrent très réservés face à l’entrée timide de Bordeaux. Tout au plus certains évoquent la question de la préservation de l’identité du salon Vinisud au détriment de la course à l’échalote avec Prowein et Vinexpo.

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