LE FIL

Cité du Vin

Retour sur 7 ans de réflexion, de doutes et de construction

Lundi 08 février 2016 par Alexandre Abellan

Ce 5 février, Bernard Farges et Alain Juppé surplombaient une Cité ensoleillée, dans les bureaux d’Oenomedia (quai de Bacalan).
Ce 5 février, Bernard Farges et Alain Juppé surplombaient une Cité ensoleillée, dans les bureaux d’Oenomedia (quai de Bacalan). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
A quatre mois de son ouverture, la Cité du Vin resplendit devant ses promoteurs, qui font le point sur les motivations et freins qui ont jalonné le projet.

S’il se rappelle avoir, depuis 1995, l’idée de faire de Bordeaux la capitale mondiale du vin, grâce à un site dédié, Alain Juppé, le maire de Bordeaux, n’a commencé à concrétiser son projet qu’en 2008, avec l’adoption par le conseil municipal de son projet. Sept ans plus tard, la Cité du Vin est sortie de terre.

La Cité des Vins à Bordeaux et pas de bordeaux

« L’engagement de la filière n’était pas évident » se rappelle Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux*, qui finance à hauteur de 7 % le projet (soit 5,7 millions d’euros). Face à la proposition de la mairie, « il a bien fallu se positionner, ce qui a été laborieux. On a tout entendu, que la Cité profiterait à la ville, aux gros opérateurs… » Et aux vins étrangers, la Cité du Vin se positionnant à Bordeaux, mais pas uniquement sur les bordeaux. « C’était la même réaction qu’à la création de Vinexpo, en croyant que l’on fait entrer le loup dans la bergerie. Mais plus on fera parler de vins, plus il y aura des chances que la consommation de bordeaux se développe dans le monde » estime-t-il.

Désormais, l’espoir de capter les retombées de cette attraction anime les opérateurs du vignoble. « L’objectif de 450 000 visiteurs est réaliste (à 80 % des touristes et 20 % des régionaux) » estime Alain Juppé, qui définit la Cité comme un phare des vins dans la ville, irradiant sur le vignoble. Projet devenu structurant pour la filière girondine, cette Cité s'articulera autour d'une plate-forme oenotouristique. Gérée par l’Office de Tourisme de Bordeaux, elle assurera la promotion des 6 routes des vins de Bordeaux et des voies fluviales donnant accès au vignoble (le ponton de la Cité du Vin sera installé en février).

Risquer le coût

Estimé à 63 millions d’euros en 2010, le budget de la Cité du Vin a été révisé à 81,1 millions €, dont 54 millions € pour les coûts de construction, 8 millions € d’honoraires de maîtrise d’oeuvre, 4 millions € pour l’acquisition du terrain et moins de 2 millions € pour l'accompagnateur numérique au parcours permanent. Ce dernier n’est pas un audioguide classique, mais un outil interactif explique Philippe Massol, le directeur général de la Fondation pour la Culture et les Civilisations du Vin (à laquelle la mairie de Bordeaux a confié l’exploitation de la Cité, pour 12 ans). Il n'en sera pas dévoilé plus sur le contenu du site avant un conférence lle 31 mars prochain, soit le jour de la fin de la maîtrise d’oeuvre, deux mois avant l’inauguration de la Cité (par le président de la République).

* : Bernard Farges est le troisième président du CIVB à suivre le dossier, après Alain Vironneau (2006-2010) et Georges Haushalter (2010-2013).

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