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Irlande
Les distributeurs de bières, vins et spiritueux craignent un cadre législatif « à la loi Evin »

Le gouvernement irlandais envisage d'encadrer rigoureusement les publicités pour les boissons alcooliques. Quitte à prendre des mesures inefficaces sanitairement, mais contre-productives économiquement s'inquiète sa filière de distribution.
Par Alexandre Abellan Le 28 décembre 2015
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Les distributeurs de bières, vins et spiritueux craignent un cadre législatif « à la loi Evin »
- crédit photo : ABFI
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près cinq ans de négociations, un projet de loi de Santé sur l’Alcool (ou Public Health (Alcohol) Bill en version originale) vient d’être présenté par le gouvernement irlandais. Se voulant révolutionnaire, il souhaite mettre en place un prix minimal par gramme d’alcool, une mise à l’écart des boissons alcoolisées dans les linéaires, un étiquetage sanitaire et nutritionnel complet, une régulation des promotions, l’interdiction de publicités à proximité des écoles, transports publics et terrains de jeux…

Un panel de mesures chocs qui est notamment salué par des associations sanitaires (ici les félicitations de l’Alliance Politique Européenne sur l’Alcool au ministre irlandais de la santé, Leo Varadkar). Mais cette loi suscite des réactions mitigées de la part de la Fédération Irlandaise des Boissons Alcoolisées (ABFI). Si les professionnels saluent la mise en place des mesures de protection de l’enfance, ils craignent surtout des restrictions publicitaires excessives, pour une efficacité incertaine. « Si cette loi comporte des mesures que la filière a toujours soutenues, elle prend des mesures draconiennes contre la publicité. Ce qui va déclencher une série de conséquences indésirées » prévient Ross MacMathúna, le directeur de l’ABFI.

Le contre-exemple de la loi Evin

Il annonce notamment « l’interdiction d’utiliser des photos de gens prenant un verre au pub, soit de toute notion de convivialité, d’atmosphère… En d’autres mots, cela va interdire de montrer ce qui attire 80 % des touristes en Irlande : prendre un verre au pub » pose-t-il. Et le tout pour des résultats peu probants prédit-il, prenant en exemple « la loi Evin, qui en France a conduit à une réduction des innovations, mais pas à une baisse des consommations irresponsables ». Des critiques qui sont également destinées aux projets d’étiquetage et de séparations dans les magasins.

Quant à la mise en place un prix minimum par gramme d’alcool, l’ABFI souligne que la République d’Irlande affiche déjà l’un des niveaux de taxation des alcools les plus élevés, et que cela ne ferait que favoriser les achats transfrontaliers (avec l’Irlande du Nord, membre du Royaume-Uni). Confirmant l'avis de son avocat général, la Cour de Justice Européenne vient d'estimer que la mise en place de tels tarifs minimums serait contraire aux règles communautaires (ils sont institués en Ecosse depuis 2012). Le gouvernement irlandais se dit mobilisé pour démontrer la nécessité de ce dispositif.

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