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François Dal (Sicavac) et la lutte contre les maladies du bois

Les maladies du bois de la vigne ont beaucoup fait parler d'elles en 2015 avec, notamment, la publication du rapport parlementaire, ou encore le lancement par le CNIV (Comité national des interprofessions des vins à appellation d'origine) du grand « plan national dépérissement du vignoble ». François Dal, conseiller viticulture à la Sicavac, fait le point sur cette thématique et ses avancées, et partage sa vision des années futures.
Par Juliette Cassagnes Le 29 décembre 2015
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François Dal (Sicavac) et la lutte contre les maladies du bois
François Dal, conseiller Sicavac : : « Plus de dix ans de recul et des essais sur le terrain confirment qu’il est possible de réduire significativement l’évolution de ces maladies » - crédit photo : F Dal
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es maladies du bois inquiètent de plus en plus et les viticulteurs ont souvent le sentiment qu’aucune solution ne semble émerger. Pourtant, selon François Dal, de « gros efforts » ont été faits depuis une dizaine d’années et les connaissances « évoluent ».
 
Celui-ci se dit « personnellement convaincu » que la limitation de ces maladies dans l’avenir passe par deux voies possibles. La première serait la découverte d’un produit « aussi efficace et moins dangereux » que l’arsénite de soude. « Mais à court terme, cette voie n’a pas probablement d’issue, commente celui-ci. Elle ne résoudrait pas non plus tous les problèmes : l’eutypiose qui ravageait déjà nos vignobles du Centre-Loire avant l’arrêt de l’arsénite n’était pas contenue par ces traitements. »
 
La deuxième voie envisagée par François Dal, la plus réaliste selon lui à moyen terme, consisterait à agir sur « les nombreux facteurs qui fragilisent la plante et la rendent plus sensible à ces maladies ». Parmi eux, certains seraient prépondérants : la qualité des greffés-soudés, la qualité de la taille, notamment de formation, ou encore l’équilibre des vignes. Le spécialiste pense également que d’autres facteurs, qui paraissent plus « anodins », ont « certainement un impact significatif » : la vie du sol, la sélection du matériel végétal, les traitements, l’évolution du climat… « Il me semble indispensable que chacun se rende compte qu’il n’y aura pas une réponse simple face à ce fléau », conclut le conseiller.
 
Une nouvelle orientation de la recherche
 
Plus généralement, François Dal estime que ces maladies nous imposent de « revoir entièrement nos modes de culture, nos modes de pensée ». Selon lui, la viticulture se dirige vers deux modes de production différents : une viticulture industrielle destinée à produire des vins de masse à bas prix et pour laquelle les vignes seront « poussées » pendant une quinzaine d’années puis arrachées. Et un second mode, celui d’une viticulture « artisanale à haute valeur ajoutée », mettant en avant le terroir et intégrant la pérennité du vignoble dans sa réflexion. Pour celle-ci, des solutions existeraient d’ores et déjà, estime celui-ci : « Plus de dix ans de recul et des essais sur le terrain confirment qu’il est possible de réduire significativement l’évolution de ces maladies », indique le conseiller.
 
Le spécialiste préconise par ailleurs d’autres techniques, comme le recépage, le curetage et le regreffage, pour régénérer les ceps malades. « Toutes ces techniques prennent du temps et demandent à modifier certaines habitudes. Elles sont toutefois moins longues à mettre en place que le fait de remplacer les ceps morts, permettent de conserver le patrimoine qualitatif et un retour en production beaucoup plus rapide. »
 
Concernant la recherche enfin, François Dal estime qu’après s’être « longtemps focalisée sur le rôle des champignons », celle-ci s’attache dorénavant également à « mettre la plante dans une situation lui permettant de limiter elle-même l’action des champignons ». « Cela débouchera-t-il sur de nouvelles solutions innovantes ou confirmera-t-on que la meilleure lutte consiste à retrouver un peu du bon sens qu’avaient nos grands-parents ? s’interroge-t-il. Dans les deux cas, les résultats seront bénéfiques pour notre profession. Le fléau des maladies du bois est – tout le monde en est conscient – très grave. Les moyens de recherche qui y sont mis depuis quelques années étaient donc nécessaires. »

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