LE FIL

Partage des sols

Le vignoble poulailler de Bourgueil distingué

Mardi 08 décembre 2015 par Alexandre Abellan

L'Enclos des Poules d'Ingrandes-de-Touraine
L'Enclos des Poules d'Ingrandes-de-Touraine - crédit photo : Vincent Cuisinier de Campagne.
Le Parc Naturel de Loire Anjou Touraine vient de décerner un éco-trophée 2015 au cuisinier Vincent Simon et au vigneron Philippe Boucard pour leur élevage de poule dans une vigne. A cette occasion, point sur cette initiative originale.

Cha.ntre des circuits courts, pour ne pas dire d’autarcie, le chef belge Vincent Simon cherche à approvisionner au maximum son restaurant ligérien avec les produits de sa ferme : élevage de cochons, lapins et volailles, maraîchage pour les légumes… Et viticulture pour les vins de Touraine. Pour optimiser ces différentes activités agricoles sur l’espace réduit d’un domaine viticole, il a fait grillager un demi hectare de vigne pour y lâcher 250 poules en janvier 2014. « On remet au goût du jour une activité d’élevage qui avait cours dans le vignoble de Touraine après le gel de 1956. Il aurait été dommage d’arracher de la vigne, l’idée est de prouver que l’on peut partager la terre, avec deux exploitations agricoles viables » explique Vincent Simon. « L’idée est bien de partager l’espace entre l’animal et le végétal » ajoute le vigneron Philippe Boucard, qui s’occupe de ses parcelles et possède le domaine voisin de Lamé-Delisle-Boucard (40 hectares en AOC Bourgueil et viticulture raisonnée).

Après deux ans d’essai, le partage de la vigne-poulailler est rodé : les volailles l’occupent à l’année, sauf durant les 15 premiers jours du cycle végétatif (pour éviter que les premiers bourgeons ne soient grignotés, les fils ont d’ailleurs été remontés pour limiter les tentations) et le mois des vendanges (pour que les baies ne soient pas picorées). Si la fiente des 300 volailles* de l’enclos ne semble pas avoir d’impact fertilisant, Philippe Boucard en voit l’impact des poules sur l’entretien du sol (« une tonte suffit, elles passent leur journée à le gratter ») et sur sa consommation d’insecticides (« il n’y a pas besoin de traiter, elles mangent les insectes. Mais attention, ces derniers millésimes, nous n’avons pas eu une forte pression de vers de la grappe… »). Il précise cependant que « l’essai reste sur 0,5 ha, ce n’est pas un concept que l’on peut généraliser. Il faut être capable de s’occuper des poules ! »

Débordant d’idées, Vincent Simon souhaiterait agrandir l’essai d’enclos viticole à volailles. Il réfléchit également à la naissance d’une autre ferme, d’élevage et de transformation avec une conserverie, pour des cochons élevés en agroforesterie et « dans la vigne, je suis sûr que ce serait intéressant pour les sols ». Situé à Ingrandes-de-Touraine, le restaurant Vincent Cuisinier de Campagne ne peut accueillir qu’une quinzaine de couverts par service.

 

 

* : Actuellement, 130 canards, 120 poules (de quatre races différentes) et une dizaine d’oies sont élevées sur cette parcelle.

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