LE FIL

Contre-façon

Pour authentifier vins et spiritueux, l’ADN à la rescousse

Lundi 07 décembre 2015 par Alexandre Abellan

Aperçu du prototype actuel d’étiquette ADN par Bulhosas
Aperçu du prototype actuel d’étiquette ADN par Bulhosas - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Imprimer des étiquettes de vins et spiritueux avec une encre contenant un ADN précis afin de pouvoir vérifier que les lots sont des originaux et non des copies. Telle est l’idée (folle ou originale, les avis divergent) d’entrepreneurs portugais. Dérapage de science-fiction ou annonce de la fin de la contre-façon, à vous de juger !

Sur le salon VS Pack, les outils de lutte contre les copies et la fraude ne manquent pas : QR Code, proof-tag, scan de texture… Mais pour l’ingénieur chimiste Miguel Pessoa (DNAiTrust),ces techniques ne sont pas aptes à répondre aux enjeux de la contre-façon. Ce ne sont que des variations sur les codes-barres logistiques, « facilement contrefaites et permettant plus de créer un sentiment de sécurité » juge-t-il. Il est convaincu que seule une rupture technologique  peut combattre la contre-façon, comme les étiquettes à ADN qu’il promeut actuellement à Cognac.
Connues de tous les aficionados de séries télévisées américaines, les vertus d’identification de l’ADN seraient transposables à la filière pour les chercheurs de l’université portugaise d’Aveiro. A partir de fragments d’ADN, le processus iTrust (en cours de brevetage) permet de sélectionner et multiplier un fragment de code génétique. Une séquence unique qui devient une véritable clé d’identification. Mêlée à l’encre d’impression d’une étiquette, cette signature génétique permet l’identification d’un lot, et valide sa bonne origine.

Un stylo laser comme lecteur

Déjà abouti, ce projet laisse cependant en suspens une question de taille : de quelle manière cette technologie peut-elle être efficacement utilisée pour détecter immédiatement l’authenticité, ou non, d’un flacon ? Actuellement, la société DNAiTrust propose d’utiliser un stylo laser, permettant de vérifier la présence d’ADN (cette encre absorbe le laser, contrairement à une étiquette classique). Mais ce test rapide n’est pas fiable à 100 %, et nécessite une confirmation en laboratoire. « Notre produit évolue très vite et ne fait que s’améliorer. Dans deux mois, le moyen de savoir si le produit est vrai ou faux devrait encore avoir changé » rassure Alberto Bulhosa (propriétaire de l’imprimerie portugaise Bulhosas, qui soutient le projet). Et il ajoute que la durée de vie certifiée de l’encre est de 25 ans (les chercheurs en visent 50).

Actuellement, une seule série de prototypes est disponible (voir photo), avec un potentiel de production immédiat. Pour les demandes personnalisées, les promoteurs invitent les entreprises à les contacter. Et ce, pour un « prix équivalent aux étiquettes conventionnelles » annonce Miguel Pessoa. A noter que d’un point de vue marketing, l’idée d’ADN d’une marque pourrait être prise au pied de la lettre. Avec cet outil, chaque entreprise pouvant imaginer à une signature unique. De là à déterrer le fondateur d’une maison illustre pour marquer les étiquettes actuelles de son empreinte génétique, il y a encore un pas.

L’ADN : kézako ?
Macromolécule à la forme de double-hélice, l’Acide DésoxyriboNucléique(ADN) est le support, codé, de l’information génétique. Propre à chaque individu vivant, son unicité en fait un outil d’identification pour la police criminelle, comme le souligne DNAiTrust (qui ajoute que son sourcing est gratuit, l’ADN se trouvant à profusion dans notre environnement).

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