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Revue de Presse

La vigne face au défi du réchauffement climatique

Vendredi 27 novembre 2015 par Catherine Bernard

La vigne face au défi du réchauffement climatique
Il ne se trouve plus personne pour nier la réalité du réchauffement climatique. La Croix fait le point sur les programmes de recherche. Vitisphere sonde les consommateurs. Eric Gilois dresse une liste des 13 conséquences sur la carte mondiale du vignoble. LA RVF dévoile son palmarès des 200 plus influents. Jacques Berthomeau convoque Jim Harrison.

La Croix fait le point sur les programmes de recherche en cours pour s’adapter au réchauffement climatique. A quelques jours de la COP21, il n’est plus question de nier la réalité. « Depuis une dizaine d’années, les chercheurs ont compris qu’il fallait réagir sans attendre. D’abord parce que la vigne est une culture pérenne, replantée tous les trente à quarante ans : les solutions d’adaptation sont donc longues à mettre en œuvre ». La Croix fait le point sur le projet Laccave « démarré en 2012, qui réunit une centaine de chercheurs en France, venus de 23 unités de recherche ». Etudiée, la désalcoolisation n’est pas la panacée : « Ce sont souvent des pratiques peu appréciées par les consommateurs, car suspectées de n’être pas naturelles », précise à La Croix Philippe Darriet, professeur d’œnologie à l’université de Bordeaux. Les chercheurs du programme VitAdapt, mis en œuvre à l’Institut des sciences de la vigne et du vin, à Villenave-d’Ornon, au sud de Bordeaux, étudient eux, « sur une seule et même parcelle, les comportements de 52 cépages français et étrangers, venus d’Italie, d’Espagne, du Portugal ou du Maghreb ». Le journal observe néanmoins : « Dans les vignes, ces prévisions alarmistes laissent de marbre. Il cite Thomas Thiou, qui a repris en 1994 une propriété de 11 hectares à Montagne, non loin de Saint-Émilion : « Pour l’instant, le réchauffement du climat est positif pour nous : nos raisins arrivent plus souvent à maturité et le vin y a gagné en qualité. Mais je sais qu’il faut nous préparer, petit à petit, sans précipitation. N’oubliez pas qu’avant de faire du vin nous sommes des paysans, donc pas les rois de l’aggiornamento. »

Vitisphere nous alerte aussi sur « des vins qui risquent de lasser les consommateurs ». Juliette Cassagne reprend les résultats d’une étude menée en 2014 par Eric Giraud-Héraud, économiste à l’Inra de Bordeaux, auprès de consommateurs de bordeaux. « Le premier vin (A) avait des notes de fruits frais et titrait à 13,9 % vol. Le second (B) présentait les caractéristiques typiques du réchauffement climatique : des notes de fruits cuits, confiturés, avec une teneur en alcool élevée, soit 15,2 % vol. Le troisième (C), dit « intermédiaire », affichait 14,4 % vol ». Les résultats traduisent l’évolution en cours, quelque chose de l’ordre de la saturation. D’abord préféré, le vin B s’efface, à la maison, devant le vin A. « L’inversion des préférences n’est pas liée à une meilleure appréciation du vin “A” mais à un désintérêt pour le vin “B”, explique Éric Giraud-Héraud. Il y a un effet de saturation : les consommateurs l’ont lâché ».

Dans son blog hébergé par 20 minutes, le voyageur Eric Gilois, auteur d’un livre sur les vins insolites, dresse un récapitulatif des « conséquences du réchauffement climatique ». Treize points dessinent une carte mondiale des vignobles. Point 6 : « Le Nouveau Monde, moins réglementé, aura une capacité d’ adaptation plus grande et plus rapide que l’ancien Monde ou la règlementation atteint parfois des niveaux trop contraignants voire ubuesques ».  Le point 7 sonne comme un avertissement, en particulier au Languedoc : « Les vieilles vignes non irriguées qui s’autocontrôlent auront sans doute une meilleure capacité  d’adaptation quitte à voir leurs rendements encore diminués.

La Revue du France dévoile son palmarès des 200 personnalités les plus influentes du monde du vin. « Cette année, écrit son rédacteur en chef, nous avons voulu baser notre classement sur la notion d’influence. On peut être influent par son poids politique, économique, mais aussi parce que l’on arrive à faire passer des idées ». C’est cette influence des idées qui vaut au « petit » vigneron Thierry Germain qui travaille 28ha dans la Loire et « qui convainc ses confrères de travailler en biodynamie » de figurer dans ce palmarès sur la même marche du podium que le « géant du négoce Pierre Castel qui vend 640 millions de bouteilles ». La RVF annonce 95 nouveaux entrants.

Mieux qu’aucun autre Jacques Berthomeau sait lire et faire lire. Il nous offre cette semaine un extrait truculent du livre de Bill Buford, Chaud brûlant, une conversation entre l’écrivain américain Jim Harrison et le chef Mario Batali au Blue Ribbon, un restaurant de Manhattan qui sert jusqu’à l’aube. « L’un et l’autre sont de grande taille. A eux deux ils monopolisaient physiquement une bonne partie de la table, un demi-cercle en fait. « Ils auraient formé un couple de figurants parfaits pour un spectacle médiéval sur les péchés capitaux (…) Quand on apporta le magnum de vin blanc, Mario rappela à Harrison que lors de leur dernière rencontre, ils avaient bu 28 bouteilles (…) Un deuxième magnum apparut, en même temps que les premiers plats (…) Un troisième magnum fit son apparition. Harrison prit le pouls de Mario (« Aah ! Tu es encore en vie ») et porta un toast. « À nous deux, Mario. Et que le reste du monde aille se faire foutre », ajouta Mario.

 

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