LE FIL

Alcoolisme

L’éducation et la prévention, une responsabilité de la filière ?

Vendredi 16 octobre 2015 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 19/10/2015 14:25:53

Alcoolisme : l’éducation et la prévention, une responsabilité de la filière ?
A Reims, Vino Bravo s'est penchée sur comment éviter les ivresses ou "binge drincking", comportements à risque auxquels s'adonnent les jeunes de 15 à 25 ans.

« Ivresses : quels gardes-fous ? » telle était le thème de l’une des tables-rondes de la conférence Vino Bravo qui s’est tenue le 16 octobre à Reims. « Evidemment qu’il faut faire appel à la raison et à l’éducation, notamment au sein des familles, pour faire passer des valeurs de consommation raisonnable. Mais l’éducation est aussi faite par les pairs » a indiqué Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, qui estime que la prévention est aussi cruciale. « Mais ne faut pas qu’elle soit la feuille de vigne qui cache la puissance de feu de la publicité faites par les grands groupes alcooliers. Dans les stratégies de préventions, il faut prévoir aussi des objectifs de changement de comportement » poursuit-il. Mais qui devrait prendre en charge l’éducation et la prévention ?

 

Pour le sociologue Gérard Mermez, du cabinet Francoscopie, la société française s’est transformée et la part du collaboratif a pris de l’importance. « Il y a une redistribution des rôles. Ils estiment que les professionnels sont dignes de confiance et demande à ce que la société leur fasse confiance dans le changement de leur comportement ». Les professionnels pourraient donc apparaître comme des prescripteurs crédibles auprès des Français en matière d’éducation et de prévention.

 

D’ailleurs Michel Reynaud l’a reconnu spontanément : « peut-être que les personnes les mieux placées, en matière de prévention et d’éducation, sont les producteurs et les distributeurs. Mais ce rôle doit s’appuyer sur une véritable politique d’informations à hauteur des enjeux ». Et, cette politique ne pourra se bâtir que si sont reconnus au préalable deux faits, à ses yeux, intangibles : il n’existe pas de césure entre les bons et les mauvais vins (ie : entre la dégustation de plaisir et celle problématique) et sans les 8% de consommateurs qui achètent 50% de l’alcool consommés, le secteur des alcools et des vins ne seraient pas économiquement viables. Si ces deux constats ne feront sans doute pas l’unanimité dans la filière, la reconnaissance par l’Anpaa du rôle des professionnels dans l’éducation et la prévention pourrait valider l’idée d’une campagne de promotion sur les repères de consommation qui est envisagé au sein de Vin et Société.

 

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Inquiétude autour de la consommation de rosé chez les jeunes

« J’ai appris la hausse de la consommation de rosés chez les jeunes avec beaucoup de tristesse » a indiqué le professeur Michel Reynaud. Ce dernier a déploré le développement des BABV dont les « publicités ne répondent pas à une attitude éthique et s’apparentent aux actions des grands groupes alcooliers ». 

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