LE FIL

L'AOC Saint-Romain expérimente le big data parcellaire

Vendredi 31 janvier 2014 par Cédric Michelin

La Bourgogne participe à un programme d'observation de la météo et des sols à une échelle extrêmement fine. Le but est de réaliser des modèles de prévisions des risques de maladies et de préciser les conseils agronomiques à la parcelle.

Vigneron et président de l'appellation Saint-Romain (Côte-d'Or), Bernard Martenot est heureux de voir se dresser ces mâts de fer et de technologies dans « ses » vignes. Il s'agit de six stations, implantées les 29 et 30 janvier, qui vont collecter nombre de données météorologiques (température, humidité, vitesse du vent...) et de données concernant les premiers centimètres du sol (température, humidité?).

« On regarde tous la météo sur internet, relate le vigneron. Là, il s'agira d'une météo à l'échelle parcellaire. »

L'appellation Saint-Romain a été retenue car elle présentait un territoire peu étendu avec des situations géographiques très variées (altitudes, orientations, pentes, etc.).

INTELLIGENCE EUROPÉENNE

Derrière ces stations (qui coûtent 2 000 euros l'unité), se cache en réalité une redoutable intelligence européenne (2,8 millions d'euros de budget sur trois ans). Les données de chacune des stations sont transmises par GSM toutes les cinq minutes vers un laboratoire informatique à Rome, en Italie, pour y être traitées. Les informations brassées concernent des indications en temps réel sur les données climatiques, les propriétés du sol ou le risque d'atteinte par une maladie.

Avec ses collègues climatologues, Benjamin Bois, enseignant chercheur de l'Institut universitaire de la vigne et du Vin (IUVV), à Dijon (Côte-d'Or), va « travailler sur les modèles de prévision des risques (mildiou, oïdium, gel?) pour couvrir toutes les situations topographiques sur des zones de 100 à 250 m2 de précision ».

À terme, l'interprofession des vins de Bourgogne espère accoucher d'un logiciel informatique ? la plateforme Vintage, sur internet ? qui permettra d'aider tous les vignerons à prendre les bonnes décisions culturales à l'échelle parcellaire.

Ève Gueydon, du BIVB, illustre cet objectif par cette formule : faire des « traitements au bon moment, très localisés et à la juste dose ».

RÉPONDRE À DES QUESTIONS ESSENTIELLES

Ce projet va très loin. Des techniciens relèvent déjà les pratiques et itinéraires culturaux locaux. Franck Brossaud, du BIVB, voit là l'opportunité de répondre à des questions essentielles pour un chef d'exploitation. Quel matériel végétal en fonction du potentiel hydrique de chaque zone ? Quand récolter pour avoir tel vin, vinifié de telle manière ? « Ce ne sont pas des choix anodins », et surtout qui ne concernent pas uniquement la Bourgogne.

En attendant ces développements, les premières réponses et applications sont prévues pour 2015. « Ce sera merveilleux d'avoir des conseils indépendants », se réjouit d'avance Bernard Martenot. La plateforme Vintage sera réalisée par différents partenaires du BIVB et sera ouverte à tous les vignerons.

Pour en savoir plus : www.vintage-project.eu

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