LE FIL

Gaillac gagne contre l'Alsace

Jeudi 06 mars 2014 par Christophe Reibel

Le 26 février, le Conseil d'État a débouté l'Association des viticulteurs d'Alsace de sa demande d'annulation du décret autorisant les viticulteurs de Gaillac à utiliser la mention « vendanges tardives ». L'Alsace entend rebondir en rehaussant les conditions de production de ses liquoreux.

« Écoeuré ». L'adjectif de Jérôme Bauer, président de l'Association des viticulteurs d'Alsace (Ava), résume le mieux le sentiment qui prédomine dans le vignoble alsacien. Le Conseil d'État n'a pas suivi ce syndicat qui demandait l'interdiction de la mention « vendanges tardives » pour l'appellation Gaillac. « Cette décision ramène les vendanges tardives à un type de produit », analyse Jérôme Bauer.

L'Alsace avait plaidé l'inexistence « d'usages locaux, loyaux et constants » à Gaillac (Tarn) pour demander que l'appellation ne puisse plus utiliser cette mention. La plus haute juridiction administrative ne l'a donc pas entendu de cette oreille.

Faute de pouvoir poursuivre son combat sur le terrain juridique, l'Alsace entend le déplacer sur celui de la qualité. En 2013, elle a relevé le degré minimum à la récolte du riesling et du muscat à 244 g/l de sucre (au lieu de 235) pour bénéficier de la mention vendanges tardives et à 270 g/l (au lieu de 257) pour le pinot gris et le gewurztraminer.

Modification du cahier des charges

Début 2013, elle a déposé une demande de modification du cahier des charges pour passer à une densité minimum de 4 500 pieds/ha (contre 4 000 pieds pour l'AOC Alsace), un écartement entre le fil porteur et le fil d'attache de trente centimètres maximum (contre 40 cm).

L'Ava veut aussi instaurer le dépôt d'une déclaration d'intention de production avant le 1er mars et un rendement maximum de 55 hl/ha en vendanges tardives et de 40 hl/ha en sélection de grains nobles.

Pour sa part, Gaillac est autorisé à utiliser la mention « vendanges tardives » depuis un décret publié le 24 novembre 2011. Son cahier des charges plafonne le rendement à 25 hl/ha. Les moûts doivent renfermer au minimum 280 g/l de sucre et les vins en bouteille au moins 100 g/l. Les vins sont issus des cépages len de l'el et ondenc et doivent être élevés au moins jusqu'au 15 mai de la deuxième année qui suit celle de la récolte.

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