LE FIL

Pas de chaptalisation car des MCR sont disponibles

Mercredi 09 octobre 2013 par Aurélia Autexier

Pierre de Bousquet, le préfet du Languedoc-Roussillon, confirme son opposition au sucrage à sec dans sa région car il n'y a pas de problème d'approvisionnement en moûts concentrés rectifiés. Selon lui, deux entreprises régionales peuvent fournir de quoi enrichir plus de 100 000 hl.

Dans un courrier daté du 7 octobre et adressé à une cave, Pierre de Bousquet, préfet de la région Languedoc-Roussillon, explique son refus de la chaptalisation. Il rappelle que quatre conditions sont nécessaires pour accorder cette pratique et que la quatrième n'est pas réunie.

Concernant la première condition, à savoir l'existence de vendanges tardives, il reconnaît que « les récoltes ont débuté avec retard ». Il admet ensuite que la maturité est insuffisante et que les conditions météo se sont dégradées. « Certaines vendanges ont dû être anticipées compte tenu de l'état sanitaire », écrit-il.

En revanche, la quatrième condition, à savoir le manque de disponibilité de moûts concentrés rectifiés (MCR), le préfet se livre à une analyse digne d'un courtier en MCR. Il indique qu'il a « demandé à [ses] services de travailler très rapidement sur ce point » et qu'une « enquête menée [...] par la Direccte a permis de constater que [des] fournisseurs [de MCR] étaient en mesure de faire des livraisons rapides ».

Le haut responsable va jusqu'à préciser que les « quantités susceptibles d'être livrées dès demain par deux fournisseurs régionaux, sous réserve de passer commande immédiatement bien entendu, permettent l'enrichissement de plus de 100 000 hl ».

Le préfet précise aussi qu'il a « demandé à [ses] service de [...] faciliter autant que de besoin le rapprochement de l'offre et de la demande et le traitement des questions logistiques ».

Le courrier se termine sur cette phrase digne d'un intermédiaire zélé « dans l'attente de l'expression précise de vos besoins en MCR, soyez sûr que je reste très attentif à vos préoccupations ».

On peut supposer que le destinataire du courrier, qui s'est vu refuser le droit à chaptaliser, a dû être étonné de voir tout le mal que s'est donné Pierre de Bousquet pour légitimer sa décision?

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