LE FIL

Des viticulteurs témoignent du danger des pesticides

Jeudi 19 avril 2012 par C. S.

« La vérité, c'est que les agriculteurs sont en train de mourir ». Dès le début du documentaire « La mort est dans le pré », réalisé par Éric Guéret et diffusé le 17 avril sur France 2, Caroline Chenet, 45 ans, donne le ton. Cette femme courageuse a perdu son mari, Yannick Chenet, éleveur et viticulteur, décédé des suites d'une leucémie, « empoisonné par les pesticides », selon elle.

« En parlant nous dérangeons le monde agricole. Mais nous devons raconter notre combat pour faire reconnaître le danger des pesticides », poursuit-elle.

Ce documentaire poignant présente ainsi le témoignage de plusieurs agriculteurs et viticulteurs, victimes des pesticides.

Parmi eux : Frédéric Ferrand, un viticulteur de 41 ans atteint d'un cancer de la vessie. Il raconte avec beaucoup d'humilité que, pendant des années, il a traité ses vignes sans se protéger. « Je mettais un masque pendant les quatre premiers traitements, mais pas en été. On était toujours les mains et la tête à l'air. » « On ne s'était jamais posé la question de savoir si ces produits étaient dangereux, on faisait confiance à la science », confie Jacky Ferrand, le père de Frédéric.

Depuis le diagnostic de sa maladie, Frédéric Ferrand a tout mis tout en oeuvre pour que son ouvrier se protège de la tête au pied. Mais comme le souligne un autre agriculteur dans le reportage, bien se protéger n'est pas toujours simple en pratique.

Frédéric Ferrand raconte son parcours du combattant auprès de la MSA pour faire reconnaître son cas en maladie professionnelle, afin de mettre sa famille à l'abri du besoin. Malheureusement, il ne l'a pas obtenu et est décédé quelque temps plus tard.

Ce documentaire ne laisse pas indifférent. Il nous fait prendre conscience que les produits phytosanitaires ne sont pas anodins. Il faut s'en protéger lorsqu'on les utilise.

Suite à la diffusion de ce documentaire, l'UIPP (l'Union des industries de la protection des plantes) explique dans un communiqué qu'elle « respecte les témoignages des agriculteurs interviewés dans le film. Elle tient néanmoins à rappeler qu'il est excessif et faux de généraliser ces situations à l'ensemble de la profession agricole qui est globalement en meilleure santé que la population générale ».

De même, l'UIPP regrette que les efforts qu'ont engagés les industriels, les agriculteurs et le législateur n'aient pas été relatés.

Visonnez le documentaire.

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