LE FIL

Retour contesté du vrac en grande surface

Jeudi 19 décembre 2013 par D. B.

Cinq grandes surfaces en France vendent du vin en vrac. Elles ont installé une machine appelée Tank it up, inventée par une négociante installée dans le Beaujolais, où la profession accueille fraîchement son initiative.

« La vente de vin en vrac a disparu dans la grande distribution, en grande partie à cause d'exigences sanitaires, observe Astrid Terzian, ancienne cadre commerciale du groupe Danone, à la tête du négoce Réserves précieuses, à Lacenas (Rhône), dans le Beaujolais. Or, le vrac tourne rapidement alors qu'un rayon vins en bouteilles représente environ 120 jours de stock. Cela représente une grosse immobilisation financière pour des magasins qui sont habitués à tourner avec des stocks limités pour le reste des produits qu'ils vendent. »

Astrid Terzian, à la tête du négoce Réserves précieuses, dans le Beaujolais, est à lElle a alors imaginé une machine en inox, appelée initialement la Cuve puis rebaptisée Tank it up, pour vendre du vin en vrac. Son maniement est extrêmement simple pour le consommateur. Avec sa bouteille (ou son cubi) ou celle que la grande surface met à sa disposition, il prélève le volume qu'il veut grâce à un pistolet. La machine édite elle-même un code-barres à coller sur le récipient, indiquant le prix et à présenter en caisse.

BIBS DE 500 LITRES

À l'intérieur de l'imposante machine, deux bibs de 500 litres chacun délivrent, pour l'instant, du rouge et du rosé IGP Méditerranée, vendus aux alentours de 1,99 euros le litre. « La partie informatique et logicielle a été la plus compliquée à mettre au point », confie Astrid Terzian, qui a installé sa première machine en 2009, à Dunkerque (Nord). Depuis, elle en a placé quatre autres à Royan (Charente-Maritime), Saint-Mexant (Corrèze), La Souterraine (Creuse) et Gleizé (Rhône), ainsi que deux à Moscou, en Russie, qui fournissent de l'huile.

Ces machines sont vendues 27 000 euros pièce par la société Réserves d'idées, que la négociante a créée pour l'occasion. « Un magasin doit vendre 500 litres de vin par semaine pour en rentabiliser l'installation », assure-t-elle.

Selon Astrid Terzian, les ventes vont de 700 à 1 000 litres par semaine, et jusqu'à 2 000 litres dans le meilleur des cas. « J'ai pris soin de regarder si la machine cannibalisait le rayon vins, raconte-t-elle. Ce n'est pas le cas. Les gens qui l'utilisent sont de nouveaux acheteurs. »

VENTES LIMITÉES

Avec sept machines, les ventes restent limitées. Astrid Terzian voudrait bien en installer d'autres, « mais la grande distribution demande qu'on les finance ». De plus, ces distributeurs sont limités à des vins de grande consommation, comme l'a prouvé une expérimentation à Dunkerque avec du côtes-de-blaye, qui n'a pas fonctionné. « Mais nous pouvons installer jusqu'à douze vins différents sur une machine », rappelle la négociante.

Les vignerons, eux, ne voient pas forcément cette initiative d'un bon oeil. Ils ont fraîchement accueilli l'installation récente de sa dernière machine dans un magasin Leclerc du Beaujolais.

Mais Astrid Terzian se veut optimiste : « La grande distribution revient à la vente en vrac pour le solide et maintenant pour le liquide. Notre machine distribue également des jus de fruits et de l'huile... »

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