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Dans l’Est du pays, des manifestations prennent de l’ampleur depuis une semaine. En cause, les
Géorgie : les vignerons réclament une hausse des prix du raisin

Dans l'Est de la Géorgie, des manifestations de viticulteurs prennent de l'ampleur. Motif : le prix du raisin est insuffisant.
Par Alexandre Abellan Le 16 septembre 2015
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Géorgie : les vignerons réclament une hausse des prix du raisin
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lors que murissent les raisins géorgiens du millésime 2015, ce sont ceux de la colère qui semblent être sur le point d’être récoltés. Dans la province de Kakheti, région viticole de l’Est du pays, les manifestations restent modestes, mais se pérennisent depuis une semaine. Les rassemblements prennent désormais de l’ampleur, avec blocage de routes et confrontations musclées avec la police, les vignerons demandant toujours une revalorisation des cours du raisin. Après avoir atteint un pic à 2,5 laris géorgiens en 2014 (soit 0,9 euro, +50 % par rapport à 2013 selon le site Democracy & Freedom), le prix d’achat moyen du kilo de raisin serait maintenant descendu à 0,6 lari pour du blanc et à 0,85 lari pour du rouge (soit 20 et 30 centimes € le kilo), un cours jugé nettement insuffisant par les vignerons, mais pas par le gouvernement.

Ce 14 septembre, le premier ministre géorgien, Irakli Garibachvili a estimé que ces heurts « ternissent l’image très positive du millésime. Les viticulteurs en récoltent un bénéfice de 100 %, les coûts de production étant de 0,3 à 0,35 lari, quand le prix d’achat est de 0,7 lari. »  Ces propos, on s’en doute, n’ont pas apaisé le mouvement. Au contraire, le ministre des réfugiés, Sozar Subari, a même ajouté que le cours géorgien reste correct comparé aux autres vignobles européens, ajoutant qu’en France les raisins étaient moins valorisés selon le site Caucasus Business Week.

Jouant l’apaisement, George Samanishvili, le directeur de l’Agence Nationale du Vin, estime que le prix du kilo de raisins devrait dépasser la barre de 1 pari (soit 40 cents €), confiant à CBW que « les domaines auront à négocier elles-mêmes les prix. Si ils n’arrivent pas à atteindre un compromis, l’Etat pourra acheter leurs raisins*, mais à un cours moindre que celui offert par les entreprises privées. »

Pour expliquer le repli des cours viticoles, les analystes soulignent le repli des exportations de vins géorgiens sur ces deux premiers marchés : la Russie et l’Ukraine, en baisse de 63 et 60 % sur le premier semestre 2015 par rapport aux six premiers mois 2014.

 

 

* : Les entreprises nationales Gruzvinprom et Akura ont pour mission de réguler le marché, et palier au manque de débouchés commerciaux (comme pendant l'embargo russe, de 2006 à 2013).

 

 

[Photos des manifestations du 14 septembre dans la ville de Gurjaani : captures d’écran d’un reportage de 1TV]

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