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Bordeaux

Les vinificateurs peuvent se préparer à un millésime 2015 « mûr, voire très mûr »

Jeudi 10 septembre 2015 par Alexandre Abellan

Bordeaux : les vinificateurs peuvent se préparer à un millésime 2015 « mûr, voire très mûr »
Vendanges

Achevant sa série de réunions de prévendanges ce 9 septembre, dans les chais du château La Tour du Pin Figeac (Saint-Emilion), le fournisseur coopératif Euralis esquisse le portrait d'un millésime on ne peut plus prometteur. Les contaminations surprises de mildiou en début de saison sont presque oubliées et les craintes de sécheresse en juillet tiennent déjà de l'histoire ancienne. A Bordeaux 2015 sera assurément bon, et pourrait frôler l'excellent, du moins si aucun accident climatique ne s'en mêle. « On était très confiant dans ce millésime en 5 » s'enthousiasme Estelle Dessup, œnologue-conseil pour Euralis, qui semble avoir été gâté : « la qualité est très belle, nous attendons de bonnes concentrations en anthocyanes et de bons taux d'extractibilité. Nous avons de très petites baies, ce qui donnera de beaux rapports jus/marc. »

Avec un début de vendange attendu dès le 20-25 septembre (et dès le milieu de semaine prochaine pour les terroirs précoces), les suivis de maturité réalisés par les deux laboratoires et dix œnologues d'Euralis dessinent un profil riche en alcool. « Sans trop s'avancer, on a déjà de premières tendances. Le millésime sera mûr, voire très mûr » estime Estelle Dessup. Et ce profil peut déjà orienter la préparation des futures vinifications. « Pour les cas à faible concentration en acide malique, il risque d'y avoir des difficultés pour réaliser la fermentation malolactique. Il y aura la possibilité d'acidifier un pied de cuve pour tenter d'y remédier » avance Grégory Dalla Longa, œnologue-conseil pour Euralis.

Avec des pH probablement haut, l'objectif de réduction des apports de sulfites nécessitera des précautions supplémentaires : glace carbonique sur la vendange, maîtrise des températures de fermentation, gestion des nutriments... Pour la nutrition azotée, la réflexion sur l'apport d'azote assimilable (minéral et organique) se fait d'ailleurs au cas par cas. « Cela dépend vraiment des secteurs, globalement la couverture en azote assimilable est bonne sur les zones où il n'y a pas eu de stress hydrique. Cela varie évidemment selon le terroir, le mode de conduite » rapporte Estelle Dessup, qui conseille vivement aux vinificateurs de tester chacun de leurs lots avant les départs en fermentation : « il n'y a rien de systématique dans la gestion de l'azote assimilable ! »

En terme d'élevage, des maturités accomplies impliqueront un moindre attrait pour les notes de vanille, mais une recherche de fraîcheur. A adapter selon les profils produits, Grégory Dalla Longa préconise plutôt « un bois chauffé à très chauffé, le torréifié-grillé donne de la fraîcheur et accentue les côtés variétaux ».

Le pôle girondin du groupe coopératif Euralis comprend 17 magasins (Points Verts). Avec leurs activités de fourniture et de conseil (à la vigne comme au chai), les équipes d'Euralis suivent chaque année la conduite de 40 000 hectares de vigne et interviennent auprès de 450 clients pour le volet œnologique.

 

 

[Photo : Vignes du château La Tour du Pin Figeac ce 9 septembre ; Alexandre Abellan (Vitisphere)]

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