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Pour Syngenta, le prix de rachat proposé par Monsanto est sous-évalué : il ne tient pas compte...
Phytos : Syngenta détaille son rejet des offres de Monsanto

Par Alexandre Abellan Le 06 août 2015
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Phytos : Syngenta détaille son rejet des offres de Monsanto
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yant publié ses comptes pour le premier semestre 2015, Syngenta, le leader mondial des phytopharmaceutiques peut désormais expliquer, chiffres à l’appui, son refus d’être absorbé par le leader américain des semences, Monsanto. Le groupe publie sur son site des infographies qui étayent les trois raisons invoquées par le groupe suisse : « la sous-évaluation fondamentale des perspectives de Syngenta, les importants risques d’exécution et l’avantage donné aux actionnaires de Monsanto ».

Pour expliquer que le prix de rachat de l'action Syngenta proposé par Monsanto est insuffisant (à 449 francs suisses, soit 430 euros), les administrateurs helvétiques soulignent que Monsanto se trouve au sommet d’un cycle, tandis que Syngenta est « déprécié par des facteurs temporaires, comme le cours des semences et les effets de change ». Selon ces analystes, les investissements de Syngenta doivent déboucher sur le lancement de nouveaux produits et entraîner, à terme, des ventes estimées à 2,7 milliards de dollars (soit 2,5 milliards d’euros). Les experts misent également sur des croissances du chiffre d’affaires à deux chiffres sur les marchés émergents, grâce aux prospections de Syngenta en Afrique, Amérique du Sud et Asie (incluant la Russie).

La proposition de Monsanto est d’autant plus jugée insuffisante qu’elle ne prend pas en compte de possibles difficultés de mise en place. Le temps de convaincre les actionnaires de Monsanto et les autorités de la concurrence, la procédure pourrait durer 18 mois selon Syngenta. Ce point apparaît sans fondement pour Monsanto, qui vient d’expliquer dans un long communiqué, que cette transaction n’aurait pas de risque d’être retoquée, « de par la volonté affichée par Monsanto de céder des activités afin de limiter de potentielles pertes de compétitivité directe ».

Et pour expliquer que ses actionnaires seraient désavantagés par un tel rachat, Syngenta sort un argument massue : « La proposition les priverait des taux d’imposition avantageux de la Suisse ».

Malgré tout, le groupe Monsanto maintient son ambition. Son président, Hugh Grant, rappelle ainsi que « notre proposition de fusionner avec Syngenta est une étape logique dans le développement de notre business, de l’innovation et de notre volonté d’aider les agriculteurs".

En 2014, moins de 14 % chiffre d’affaires de Syngenta provenait des cultures spécialisées (dont la viticulture, au même titre que les bananes, le coton ou la pomme de terre). Leader des anti-botrytis, Syngenta pèse pour 13 % des ventes de phytos viticoles en France (contre 16,4 % pour Bayer et 14 % pour BASF). Misant sur la vigne, Syngenta annonce pour 2016 et 2017 la mise en marché de solution de biocontrôles de la vigne (mildiou, oïdium...).

 

 

(Illustration : Syngenta)

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