LE FIL

Viticulture de précision

Des difficultés de déployer les drones au vignoble

Jeudi 16 juillet 2015 par Alexandre Abellan

Viticulture de précision : des difficultés de déployer les drones au vignoble

« Pour la vigne, on prend le problème à l’envers. C’est par l’utilisation de la technologie des drones que l’on cherche des applications. Applications qui ne sont pas si évidentes, quand il s’agit de fournir des bases de travail robustes… » reconnaît Romain Faroux, co-fondateur d’Airinov. Il faut dire que les complications dans l’utilisation des drones en viticultures ne manquent pas. A commencer par l’architecture verticale des vignes palissées induit des effets d'ombre qui se cumulent avec les effets colorimétriques du sol (enherbé ou non), sans oublier les difficultés de modélisation des variables aussi essentielles que les effets de cépage, de modes de conduite et de millésimes (qui nécessitent nombre de répétitions).

En découle un retard certain dans le développement des drones dans le vignoble. Airinov se targuant d'être le leader français de la prestation de services agricoles par drones, elle est particulièrement bien placée pour juger du déploiement de cette nouvelle technologie dans chaque filière. Et sur les 85 000 hectares agricoles qu’elle surveille, elle en compte moins de 2 500 ha en vigne. Une paille par rapport aux grandes cultures (surtout blé et colza, ainsi que maïs).

L’utilisation de drones en prestation de service n'a que 5 ans relativise Romain Faroux, qui maintient l’objectif  de diminution des coûts d’intervention à la vigne grâce à une meilleure vision globale*. Il souligne que l’application des drones aux métiers viticoles « assurent d’abord les basiques pour mieux être robustes. Les informations obtenues par drones ne le sont pas toujours autant qu'on pourrait le croire… » Rentrent en effet en jeu la méthodologie de mesure et la prise en compte de la luminosité, le choix de la définition des images, la gestion des stades végétatifs...

Au vignoble, les drones se limitent actuellement à des mesures optiques simples pour évaluer les manquants, mesurer des hétérogénéités au niveau foliaire… Sont toujours en cours de recherche les capteurs et modèles permettant de repérer des symptômes et diagnostiquer une maladie (notamment pour la flavescence dorée et les maladies du bois). En attendant, les drones sont particulièrement à la mode et devraient pulluler dans le vignoble pour un usage récréatif : la réalisation de films promotionnels de propriétés et vignobles.

 

 

* : En moyenne, le prix d’intervention d’Airinov est d'une cinquantaine d'euros à l’hectare.

 

 

[Photo : Airinov]

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