LE FIL

Contrefaçon et quantification

Plus de faux que de vrais vins français en Chine ?!

Mardi 07 juillet 2015 par Alexandre Abellan

Contrefaçon et quantification : plus de faux que de vrais vins français en Chine ?!

Illégale, la contrefaçon est, par sa nature même, inquantifiable. En marge de la reconnaissance chinoise de l'AOC Bordeaux, Fabien Bova (directeur du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux) estimait ainsi qu'« il faut arrêter de donner des chiffres sur la contrefaçon. Celui qui en donne est un menteur ! Je le mets au défi de parcourir la Chine et de donner un niveau chiffré de contrefaçon... » « Objectivement, il a raison » concède James de Roany, l'ancien président de la Commission Vins & Spiritueux des Conseillers du Commerce Extérieur de la France. « On ne peut fournir de statistiques sur quelque chose d'illégal. Mais pour autant, des évaluations sont faites (dans une certaine fourchette) et le phénomène ne s'améliore pas » réplique-t-il.

Validant cette perception, la Commission Vins & Spiritueux a arrêté ce mois de juin la publication de son Rapport sur la contrefaçon des vins & spiritueux (cliquer ici pour en savoir plus). «  Il y a besoin de prendre le sujet au sérieux afin d'avancer. Je regrette que le rapport ait été bloqué, on aurait fait moins d'erreurs... » tranche James de Roany. Pour lui, l'une des principales erreurs de la filière est de vouloir croire à la résolution progressive de la contrefaçon, et de ne pas saisir les difficultés chinoises à entendre la notion de terroir : « dans leur esprit, ils ne comprennent pas que l'on puisse contingenter un produit dont ils assurent la distribution et la présence sur le marché. Pour des occidentaux, un T-shirt Lacoste peut se faire dans n'importe quel pays. Pour des Chinois, c'est la même chose avec le vin. »

 

 

[Photo : CCEF]

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