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Canicule

Premiers signes d'échaudage

Vendredi 03 juillet 2015 par Marion Ivaldi

Canicule : premiers signes d'échaudage

Les premiers signes d'échaudage font leur apparition notamment en Bourgogne où les Chambres d'Agriculture de Saône-et-Loire et de Côte-d'Or ont pu constater que les grappes se teintent d'une couleur brun-rouge, puis évoluent vers un aspect raisin sec. En Languedoc, quelques signes sont également relevés, comme le confirme Bernard Molot, de l'Institut français de la vigne et du vin. A ce stade, cependant, l'ampleur du phénomène reste limité.

 

Ce sont plutôt les traitements qui posent problèmes. « Pour une efficacité optimale, la protection phytosanitaire doit être réalisée entre 12 et 24°C avec une hygrométrie comprise entre 50 et 90% » rappelle Benjamin Alban, conseiller viticole dans le maconnais et le Beaujolais. Avec un temps sec et chaud, l'évaporation du produit est telle que les traitements sont inefficaces. Evidemment, par ces temps caniculaires, il s'avère impossible de respecter ces conditions idéales. Donc, conseille Benjamin Alban, il convient de traiter entre 5h et 9h du matin, à la fraîche. D'autant que l'oïdium connaît une sévère poussée dans la région. 30% des parcelles sont touchées avec une fréquence qui dépasse les 50% dans les parcelles les plus atteintes.

 

Autre source d'inquiétudes : les poudrages de soufre. La chaleur provoque en effet une phytotoxicité de la plante. « Cette phytotoxicité est due à une forte concentration de soufre sur les grappes qui se vaporise de façon trop rapide sous l'effet de la luminosité des températures extrêmes » explique la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or. Celle-ci conseille de reporter tous les travaux durant les cinq jours prochains : effeuillage, rognage, travail du sol, traitement et poudrage.

 

 

La chaleur pose enfin la question de la gestion de l'enherbement. « Nous avons beaucoup de questionnement des viticulteurs à ce sujet » confirme Benjamin Alban. La destruction de l'enherbement doit se raisonner en fonction de nombreux critères : niveau de la réserve utile, type d'enherbement, état de dessication de l'enherbement. « Sa destruction se fait en vue de limiter la concurrence hydrique qui pourrait se déclarer lors de futures pluies » explique Benjamin Alban. Là, encore, le raisonnement doit être adapté à chaque situation. « Il y a des espèces qui entrent en dormance durant l'été » rappelle Laure Gontier, de l'IFV Sud-Ouest. Ces espèces peuvent alors s'avèrer utiles pour limiter l'évapotranspiration en formant un paillage « isolant ». Par ailleurs, la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or relève que le travail du sol peut aggraver les phénomènes d'échaudage.

 

A noter que la question de la destruction de l'enherbement ne se pose pas partout. Dans les vignobles languedociens et de Midi-Pyrénées, les réserves utiles sont encore à des niveaux satisfaisants au bénéfice de pluies abondantes jusqu'à mi-juin. Et Bernard Molot de constater : « certains viticulteurs en sont à trois coupes de luzerne, au point de se poser la question de les récolter. On aurait pu tout à fait botteler ! »

 

 

[Photo : à droite, phytotoxicité au soufre, à gauche, échaudage - Crédit photo : Chambre d'agriculture de Côte-d'Or]

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