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La lutte contre l'usurpation des IG de Bordeaux qui doit être renforcée auprès de la juridiction...
Vins de Bordeaux : historique, la reconnaissance chinoise reste à mettre en pratique

Par Alexandre Abellan Le 02 juillet 2015
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Vins de Bordeaux : historique, la reconnaissance chinoise reste à mettre en pratique
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« Jusqu'à aujourd'hui, les Chinois n'avaient reconnu que 21 indications géographiques étrangères (dont 4 pour les vins et spiritueux*), aujourd'hui s'y ajoute l'appellation Bordeaux, et demain les 45 AOC de Gironde. C'est un événement historique ! » souligne Fabien Bova, le directeur du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux. L'enthousiasme n'est pas retombé depuis la remise officielle de l'acte d'enregistrement chinois de l'IG Bordeaux (pour les vins rouges, blancs et rosés) et l'annonce d'ouverture aux remarques publiques préalable à l'inscription de 45 autres IG girondines (procédure durant deux mois). Ne manquera plus que le dépôt d'une demande de reconnaissance de l'IG Crémant de Bordeaux pour que l'intégralité des vins girondins soient protégés de la contre-façon en Chine.

L'avancée est saluée par les représentants du vignoble bordelais. En témoigne l'accueil chaleureux qu'ils ont réservé ce premier juillet à Tian Shihong, le vice-ministre chinois de l'Administration Générale de la Supervision de la Qualité, l'Inspection et la Quarantaine (l'AQSIQ, qui n'a pas souhaité faire le moindre commentaire). Reste cependant à voir ces reconnaissances bilatérales se concrétiser. Actuellement, les procédures chinoises à l'encontre des contrefacteurs se limitent souvent à des traitements administratifs, jugés aussi longs que peu dissuasifs. Avec ce nouveau cadre légal, les constitutions d'effractions seraient facilitées et les procédures accélérées. Mais Fabien Bova ne cache pas que « la jurisprudence est encore à créer en Chine. On cherche tous à en constituer une au pénal. Nos actions visent à pouvoir utiliser tout ce qu'offre la loi chinoise pour nous protéger. »

Avec cet outil juridique chinois, c'est la lutte contre l'usurpation des IG de Bordeaux qui doit donc être renforcée. « En Chine, il y a très peu de copies de produits existants » explique le négociant Allan Sichel (vice-président du CIVB), « on voit des mélanges, comme "vins de Bordeaux du Languedoc". Maintenant on peut interdire efficacement les produits parasites et segmenter les vins de Bordeaux, bien singularisés. » Ayant échangé avec la délégation de l'AQSIQ, il soulignait que les notions chinoises et françaises d'IG commençaient à correspondre. Il faut dire que l'AQSIQ recense aujourd'hui 1 600 IG domestiques, ce qui témoigne de l'intérêt chinois pour ce système.

 

* : Il s'agit des appellations Champagne (depuis 2013), Cognac (depuis 2009), Napa Valley (depuis 2012) et Scotch Whisky (depuis 2009).

 

 

[Photo de la délégation de l'AQSIQ reçue au CIVB ce premier juillet : Fabien Bova (deuxième en partant de la gauche), Allan Sichel (troisième), Tian Shihong (quatrième) et Hervé Grandeau (président des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, sixième)]

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