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Jusque-là très discrète sur son appel à projet de 600 000 €, la maison Hennessy dévoile sa stratégie
Cognac : Hennessy, bras armé de la recherche contre les maladies du bois de la vigne

Par Alexandre Abellan Le 24 juin 2015
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Cognac : Hennessy, bras armé de la recherche contre les maladies du bois de la vigne
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vec une enveloppe de 600 000 euros pour trois ans de recherche, l'appel à projet des Cognacs Hennessy contre les maladies du bois de la vigne s'affiche comme un acte fort de soutien du premier acteur de Cognac à sa filière. « La maison Hennessy est là dans la continuité, on prépare l'avenir en s'assurant du potentiel de production du vignoble et de la qualité des eaux-de-vie » pose Yann Fillioux (président du comité de dégustation Hennessy). « On peut penser à l'extension du vignoble de Cognac, mais aujourd'hui, il faut sauvegarder son potentiel de production » précise Florent Morillon (directeur des approvisionnements Hennessy), qui revendique avec ce mécénat « chercher un effet levier [voire d'entraînement] en évitant le saupoudrage ».

Mais avant même de financer un programme de recherche appliquée, la filiale de LVMH doit encore le sélectionner : le lauréat ne sera annoncé qu'en septembre prochain (à l'occasion du forum technique aux livreurs de Hennessy). Jusque là très discrète sur le sujet, la maison Hennessy vient de faire un point d'étape sur son mécénat scientifique inédit, à l'occasion de la tenue en ses locaux charentais du colloque annuel du réseau européen Action COST des maladies du bois (où parmi les 80 scientifiques réunis, on comptait nombre de candidats au projet).

Lancé le 15 décembre 2014, l'appel à projet de la maison Hennessy a été entendu dans le monde entier : 23 lettres d'intention (de 13 nationalités différentes) ont été déposées au 15 février dernier. Etudiées en mars par un comité d'évaluation*, ces candidatures se sont aujourd'hui transformées en 7 dossiers finalistes. « Beaucoup d'équipes se sont mises en contact et ont échangé pour monter des projets communs » se félicite Arnaud Camus (responsable de la communication amont de Hennessy). « Le projet permet de lancer des collaborations à l'échelle internationale » confirme Florence Fontaine (chercheuse à l'université de Reims et président du réseau COST pour les maladies du bois).

Si Florent Morillon attend « au bout de trois ans des résultats que l'on pourra mettre en œuvre dans le vignoble », il souligne « toute la complexité de l'obligation de résultat dans la recherche ». Se voulant force d'entraînement, la maison Hennessy inscrit son action en complément des recherches passées et des programmes à venir (notamment du plan national monté actuellement par le Comité National des Interprofessions et FranceAgriMer). Une approche qui s'inscrit d'ailleurs de plain-pied dans le cadre des 250 ans des cognacs Hennessy. « Nous avons conçu cette année de célébration sur la projection dans l'avenir, à la fois sur un axe festif et sur le lancement d'un acte qui aura une résonance importante pour les années futures » explique Cécile François (directrice de la communication Hennessy). Ce soutien au vignoble fait d'ailleurs écho à la lutte charentaise contre le phylloxéra à la fin du XIXème siècle, un défi qui a réuni la filière et ne semblait pas moins insoluble alors : « dans un premier temps il n'y avait pas de solution, les premiers traitements trouvés n'étaient pas transposables à l'échelle d'un domaine, les premiers plants ramenés des Etats-Unis ne fonctionnaient pas sur nos sols calcaires... » rappelle-t-elle.

 

 

* Le comité d'évaluation est présidé par Yann Fillioux et réunit 11 experts : Jean-Marie Barillère (président du CNIV et directeur des activités champagnes de Moët Hennessy), François Bodin (président du syndicat des pépiniéristes viticoles de Cognac), Michel Boulay (consultant), le professeur Jean-Michel Boursiquot (Montpellier SupAgro), Thierry Coulon (directeur scientifique de l'Institut Français de la Vigne et du Vin), Serge Delrot (directeur scientifique de l'ISVV), Jean-Bernard de Larquier (président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac), le docteur Olivier Le Gall (directeur général de l'Institut National de Recherche Agronomique), Jean-François Michel (directeurs des affaires publiques Moët Hennessy), Luc Lurton (directeur de la Station Viticole du BNIC) et Sandrine Weingartner (responsable du laboratoire Hennessy). A noter que le comité d'évaluation prendra un rôle de suivi du projet lauréat durant ses trois ans de réalisation.

 

 

[Illustration : Publicité Hennessy]

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