LE FIL

En marge de Vinexpo

François Hollande à la table du vignoble de Bordeaux

Lundi 15 juin 2015 par Colette Goinère (La Vigne Vitisphere)

En marge de Vinexpo : François Hollande à la table du vignoble de Bordeaux

Le déjeuner a été concocté dans la plus grande discrétion. Et les invités triés sur le volet. A peine un petit noyau d’une vingtaine de convives. Bernard Farges, président du CIVB, Hervé Grandeau, le président du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs, Patrick Vasseur, vice-président de la chambre d’agriculture de la Gironde, ainsi que six viticulteurs adhérents de la cave coopérative de Tutiac, étaient de la partie.

« Le président de la république souhaitait partager un moment avec des viticulteurs. Nous avons répondu à cette demande », confie Bernard Farges. Sollicité par l’Elysée, il avait proposé le nom d’une viticultrice de l’Entre-Deux-Mers, dotée d’une stratégie forte à l’export. Mais l’Elysée a retenu la cave coopérative des vignerons de Tutiac. Avec 475 adhérents, 4000 hectares de vignes, 6 sites de vinification, un centre d’embouteillage et 230 000 hl par/an en AOC Bordeaux, Bordeaux Sup, Blaye Côtes de Bordeaux et Côtes de Bourg, la cave est premier producteur de France en AOC. Et elle aligne les projets dans le développement durable, et l’oenotourisme.

C’est à Marcillac, au domicile de Stéphane Héraud, le président de la cave, premier vice-président de la CCVF, que s’est tenu le déjeuner. Entre le maigre de l’estuaire (un poisson), l’entrecôte cuite au sarment des vignes et la coupe de fraise, les plats de résistance n’ont pas manqué. Trois adhérents de la cave ont témoigné de la façon dont la coop les a aidés à s’installer. Au passage, François Hollande a semblé surpris par la jeunesse de ces viticulteurs, tous âgés de moins de 35 ans.

Trois autres coopérateurs ont présenté les actions menées dans le cadre du développement durable. Il faut dire que la cave de Tutiac n’est pas en reste. La semaine dernière elle a reçu son agrément GIEE. L’occasion pour Stéphane Heraud de dérouler les actions à venir : implantation de haies sur 10 km dès octobre prochain, arrêt de certains produits phytos, semis de légumineuses entre les rangs de vignes pour se substituer aux engrais chimiques.

Le sujet des traitements phyto a aussi été évoqué. Patrick Vasseur, a rappelé que le plan EcoPhyto 2 qui prône une diminution de 50 % de l’utilisation de produits phytos à l’horizon 2025, et démesuré. « Nous n’avons pas les moyens d’atteindre cet objectif. En ce moment, nous subissons une forte attaque de mildiou. Dans ces conditions, les viticulteurs ne peuvent pas se passer de produits phytos », a-t-il prévenu.

Le ministre de l’agriculture a botté en touche. Sans doute avait-il en tête que dans la matinée, Ségolène Royal, sur France 3, avait martelé que « le grand avenir du vin, c’est un jour, que tous les vins soient bios ». Des propos loin d’être partagés autour de la table. « Il est illusoire de faire croire au consommateur que l’on peut aller à 100% vers le bio », a soutenu Hervé Grandeau devant le président de la république.

A l’issue du déjeuner qui a duré presque deux heures, les convives se sont déclarés satisfaits. « Nous saluons le temps que le président de la république a consacré à notre filière. Ce matin, il a dialogué avec les responsables syndicaux sur les questions de loi Evin, de l’OCM, des accords de libre-échange. Et là, nous avons parlé des problèmes de terrain », confie Bernard Farges.

« Nous avons apprécié qu’il descende à Bordeaux non pas dans un grand château, mais dans une cave coopérative. C’est tout un symbole », se réjouit Stéphane Héraud. François Hollande est reparti avec des bouteilles offertes par la cave. Le ministre de l’agriculture, lui, a promis de passer commande de vins de Tutiac pour son ministère.

 

 

[Photo : Présidence de la République]

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