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Vinea transaction

Les chinois sauvent le ralentissement des investissements dans le vignoble

Mercredi 10 juin 2015 par Emilie-Anne Jodier La Vigne - Vitisphere

Vinea transaction : les chinois sauvent le ralentissement des investissements dans le vignoble

Le réseau de transaction de domaines viticoles Vinea transaction a présenté un état des lieux des investissements étrangers dans le vignoble français. L’étude note un net ralentissement de l’activité ces dernières années, sauf pour les investisseurs chinois, lesquels se concentrent à Bordeaux.

« Quand on achète un vignoble en France, on créé du patrimoine… On ne fait pas d’argent ! » Robin Budowski, investisseur suisse installé depuis douze ans dans le Minervois, au Château d’Agel, résume sans doute ainsi une des raisons pour lesquelles les investisseurs étrangers hésitent de plus en plus à acquérir des domaines viticoles français.

En effet, selon une étude réalisée par le réseau de transaction de domaines viticoles Vinea, les « investissements étrangers non chinois sont à l’arrêt depuis 2010 », note Michel Veyrier, fondateur de la société. Ce sont donc les hommes d’affaires chinois qui « maintiennent artificiellement le marché », et seulement dans le Bordelais, à de rares exception près.

Les investisseurs étrangers détiennent 2% du vignoble, soit environ 12 000 ha pour 500 propriétés. Le plus gros des investissements se jouent à Bordeaux (41% des acquisitions), dans le Languedoc-Roussillon (18%), en Provence (13%) et en Vallée du Rhône (11%). Les échanges se font beaucoup plus rares en Bourgogne et dans le Sud-Ouest (7% chacun) alors que le Val de Loire ne compte que 3% des transactions.

En moyenne, les domaines achetés pas des investisseurs venus d’ailleurs ont une surface de 25 ha. Les britanniques sont les mieux représentés sur l’ensemble du vignoble (22%), juste devant les chinois (21%). Les acheteurs belges arrivent en troisième position (17%). En tout, une trentaine de nationalités sont déjà implantées dans le vignoble.

Mais depuis 2010, Michel Veyrier observe que les investisseurs britanniques ont disparu des tableaux de bord, alors qu’ils représentaient le gros des acquéreurs au tout début des années 2000. « En 1997-1998, la crise de la City, à Londres, a eu un effet immédiat sur l’activité de notre cabinet avec les britanniques. » Le constat a été le même en 2008. Un euro fort ainsi qu’une situation sociale et fiscale, dénoncée par Robin Budowski qui pointe les multiples complexités du système français l’empêchant de se développer comme il l’aurait voulu, renforcent cette tendance.

Seuls les investisseurs venus de Chine dynamise le marché. Geoffroy Braichotte, de l’agence Vinea de Bordeaux, remarque pourtant que l’euphorie des débuts s’est apaisée. « Les acheteurs chinois arrivent désormais en connaissant le prix des vignes sur le bout des doigts, ils s’associent avec des locaux qui sélectionnent des propriétés pour eux. Ils ont développé leur culture du vin et s’intéressent de plus en plus à des appellations de moyenne et haut de gamme. Acheter le nom de Bordeaux ne leur suffit plus. »

Mais si les acheteurs étrangers se font plus rares, les acquéreurs français ont pris leur place, n’oublie pas de rappeler Michel Veyrier. « Le vignoble constitue une valeur refuge pour certains chefs d’entreprises. » Tout comme pour les professionnels du vin « soucieux de sécuriser leurs approvisionnements ».

 

 

 

 

Note : l’étude porte sur 600 000 ha, hors Champagne, Cognac, Armagnac, Corse, Savoie, Jura et Alsace.

 

 

[Photo : Michel Veyrier, fondateur de Vinea Transactioni ; Crédit photo : Emilie-Anne Jodier]

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