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Protection du vignoble

L'alarme au black-rot est lancée dans le Sud-Est

Jeudi 04 juin 2015 par Christelle Stef La Vigne - Vitisphere

Protection du vignoble : l'alarme au black-rot est lancée dans le Sud-Est

Les viticulteurs du Gard, de l’Hérault, du Vaucluse et le sud de la Drôme sont confrontés à une sortie inédite de symptômes de black-rot depuis le 4 mai. La maladie est présente dans tous les secteurs, à l’exception du Littoral. Dans les cas les plus graves, les viticulteurs accusent déjà des pertes de récolte.

« Il est essentiel d’anticiper toute nouvelle contamination pour éviter toute aggravation des dégâts partout où le parasite est présent », écrivent l’IFV et les chambres d’agriculture des départements concernés dans une note parue le 1er juin.

Cette note insiste sur la nécessité d’assurer une couverture sans faille contre la maladie, jusqu’à la véraison. En viticulture conventionnelle, elle recommande de privilégier les antioïdiums homologués contre le black-rot à savoir les IDM du groupe 1 et les QoI.

« Les IDM (fenbuconazole, difénoconazole, myclobutanil, tébuconazole, tetraconazole) offrent une protection préventive de 2 semaines. Ils ont également un pouvoir de rattrapage allant jusqu’à 6-7 jours après une pluie contaminatrice », indique la note. Attention toutefois à bien respecter le nombre d’applications autorisées dans le cadre de l’AMM.

Pour ce qui est des QoI (azoxystrobine utilisable jusqu’au 30 septembre, krésoxim-méthyl, pyraclostrobine ou trifloxystrobine) : « seules l’azoxystrobine et la pyraclostrobine présentent un pouvoir de rattrapage comparable à celui des IDM. La trifloxystrobine et le krésoximméthyl seront donc utilisés préférentiellement en préventif », précise la note qui détaille aussi les précautions à prendre du fait de la résistance généralisée de l’oïdium à ces produits.

S’agissant des antimildious, la note souligne que seuls le mancozèbe, manèbe et métirame sont actifs contre le black-rot. Ces produits sont strictement préventifs et n’agissent que par contact. Les antimildious homologués contre le blac-rot n’apportent donc que dix jours de protection contre cette maladie, voire moins s’ils ont été lessivés. Par ailleurs des doutes subsistent sur leur efficacité en cas de très forte pression, car ces produits ont été homologués à des doses supérieures à celles autorisées aujourd’hui.

En bio, « le black-rot a de tout temps posé problème (…) Les produits cupriques aux doses actuellement utilisées n’ont qu’un effet tout au plus freinant sur le black-rot. (…) Le seul conseil possible est l’utilisation du soufre mouillable lors de la lutte contre l’oïdium, à pleine dose homologuée, comme frein ».

Enfin, il n’y a rien à espérer des engrais foliaires ni de l’huile d’orange douce.

 

 

[Photo : IFV]

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