LE FIL

Gironde

Alerte au black-rot

Mardi 19 mai 2015 par Colette Goinere La Vigne - Vitisphere

Gironde : alerte au black-rot

« Je n’avais jamais vu une attaque aussi intense auparavant. C’est une première », constate tout étonnée Stéphanie Flores-Nagant, conseillère viticole de la chambre d’agriculture de la Gironde à l’Adar de Coutras. C’est le 11 mai dernier qu’elle a découvert le fléau : une attaque en règle et massive de black-rot sur toutes les parcelles dont elle s’occupe dans le Libournais. Du jamais vu.

« J’ai découvert les petites taches marrons, typiques du black-rot sur les feuilles. Tous les pieds sont touchés sur des feuilles de rang 1 et 2. Mais surtout j’ai pu observer des symptômes en coup de fusil, c'est-à-dire des feuilles criblées de taches. Ce qui veut dire que l’attaque est très forte » indique-t-elle. Dès lors, elle a préconisé des traitements antimildiou et antioïdium homologués contre le black-rot. Reste qu’il faut surveiller l’évolution de l’épidémie comme le lait sur le feu.

« Nous observons nos parcelles très régulièrement. On guette l’éventuelle apparition de nouvelles taches car notre objectif, c’est de protéger à tout prix les grappes », confie-t-elle.

A Lussac, Hugues Jaume, cogérant du Clos Les Hauts Martins, AOC Lussac Saint-Emilion, connaît bien la maladie. Cette propriété de 8 hectares est en conversion bio. Elle a déjà été confrontée au black-rot. En 2013, sur une parcelle de 15 à 20 ares, l’attaque a été violente. « Toutes les grappes ont été atteintes. J’ai perdu un tiers de la récolte sur cette parcelle » se souvient Hugues Jaume.

A l’hiver, il a brûlé de façon minutieuse les grappes et les bois touchés. Cela n’a pas empêché le black-rot de revenir en 2014. Cette fois les grappes n’ont pas été touchées, seulement les feuilles et toujours sur cette parcelle sensible, qui a été drainée car elle est humide, un facteur déclenchant de la maladie.

Rebelote cette année. Fin avril dernier, Hugues Jaume a dû se rendre à l’évidence : le black-rot avait encore frappé. Cette fois, c’est presque tout son vignoble qui est contaminé. « On voit plusieurs taches sur la même feuille. Cela veut dire que l’attaque est très forte. Les parcelles de merlot et cabernet franc sont touchées .Seul le cabernet sauvignon est épargné car le cycle végétal démarre plus tard », explique-t-il.

Dès le 30 avril, il a augmenté le doses de cuivre passant de 200 à 250 g/ha et par traitement, y associant 8 kg/ha de soufre. Il est intervenu deux fois en l’espace d’une semaine. Il ne s’inquiète pas outre mesure. Il préfère rester « zen » selon son expression. « Il faudra intensifier les traitements préventifs », indique-t-il. En ce moment c’est l’épamprage que le viticulteur pratique. Du coup Hugues Jaume est aux premières loges pour surveiller l’évolution du black-rot sur les feuilles.

 

 

[Crédit photo : Hugues Jaume]

 

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