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Hérault

Attaque inédite de mildiou

Mardi 19 mai 2015 par Michèle Trévoux La Vigne - Vitisphere

Hérault : attaque inédite de mildiou

« Il y a le feu ! Cette année les foyers primaires sont apparus très tôt. Et aujourd’hui on observe des taches sur feuilles et sur grappes non seulement en plaine mais également dans les coteaux. C’est inédit dans notre région d’avoir des attaques de cette ampleur mi-mai », affirme Bernard Taix, directeur technique des établissements Magne à propos de la pression du mildiou dans le Languedoc.

La chambre d’agriculture de l’Hérault confirme la rapidité d’expansion du parasite. Son dernier bulletin daté du 12 mai signale qu’il progresse très rapidement dans les parcelles inondées à l’automne mais également dans d’autres situations. La chambre d’agriculture recommande la généralisation de la protection dans tout le département.

Même message d’alerte du cabinet de conseil agronomique Cicovi aux adhérents de la cave de Roquebrun. Le 13 mai, ses conseillers indiquent avoir observé des symptômes dans tous les secteurs du vignoble de la cave. De la tache ponctuelle non fructifiée aux taches multiples, très régulières sur toute une parcelle et accompagnées de symptômes sur les grappes, ils ont relevé tous les cas de figure. « Ces nouvelles taches sont issues des foyers primaires sortis début mai. Elles témoignent d’une présence générale du mildiou sur le vignoble. Il convient donc de protéger l’ensemble des parcelles », précise Cicovi.

Selon Gwenaël Thomas, ingénieur agronome-oenologue chez Natoli&Co « les secteurs les plus touchés sont la bordure littorale et la région de Montpellier (Grès de Montpellier et Pic saint Loup en particulier) ».

Selon le bulletin de santé du végétal du Languedoc-Roussillon daté du 12 mai, les pluies du 25 au 27 avril, ont provoqué une première vague de contaminations primaires. Puis de nouvelles contaminations se sont produites à la faveur des pluies survenues entre le 4 et le 10 mai. Conseillers et viticulteurs observent que les nuits très humides qui ont suivi ont encore accentué la pression.

« Ceux qui n’ont pas traité vont avoir des surprises. Nous avons traité préventivement tous nos vignobles et on observe malgré tout quelques taches », témoigne Sébastien Pérez des vignobles Paul Mas.

A la cave coopérative de Faugères, Eric Estenaves, le technicien vignobles déplore lui aussi une pression plus élevée que d’habitude. « Généralement, nous démarrons les traitements à la floraison. Cette année, nous avons envoyé un message d’alerte le lundi 9 mai à tous nos adhérents pour qu’ils commencent la protection alors que nous n’étions qu’au stade boutons floraux séparés. Si dans les 10 jours qui arrivent, les conditions climatiques restent favorables au mildiou, la situation peut devenir explosive. Il faut être extrêmement prudent dans une période où habituellement, on ne l’est pas ».

 

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