LE FIL

Economie circulaire

Vitis Valorem fabrique des piquets et agrafes à base de sarments de vigne

Vendredi 15 mai 2015 par Juliette Cassagnes

Economie circulaire : Vitis Valorem fabrique des piquets et agrafes à base de sarments de vigne

Après plusieurs mois de recherche et développement, Stéphane Bidault, patron de la toute jeune entreprise « Vitis Valorem », a fini par réussir à produire du petit matériel – piquets, tuteurs et agrafes pour la vigne – uniquement à partir de sarments recyclés et d'une résine. Son entreprise les commercialise donc depuis peu auprès des vignerons bourguignons, via deux distributeurs de la région. « Ce qui a été particulièrement compliqué, c'est de trouver le juste dosage du sarment et le bon design, afin que les piquets répondent aux fonctionnalités et à la durabilité des piquets actuels », témoigne l'entrepreneur. Pour l'aider à « valider » son nouveau produit, qui a déjà fait l'objet d'un dépôt de brevet, Stéphane Bidault s'est rapproché de l'ODG Côte de Nuits villages, avec qui il a travaillé. Des viticulteurs motivés pour participer au projet ont pu tester les différents prototypes, mais aussi fournir la matière première. Selon son fabricant, ce nouveau piquet en sarment est plus léger, donc « plus facile à mettre en place », plus résistant et recyclable, par comparaison aux piquets traditionnels en bois d'acacia ou métalliques. Celui-ci leur garantit une durée de vie de 10 à 15 ans.

En toile de fond de ce projet, l'idée reste, pour le chef d'entreprise, de pouvoir valoriser les sarments de vigne qui sont chaque année brûlés et considérés comme des « déchets ». Pour que son projet fonctionne, le chef d'entreprise mise donc sur le fait que les viticulteurs accepteront de rentrer dans une « logique de recyclage ». Il s'adresse donc à ceux qui désirent « s'engager dans une démarche d'économie circulaire ». « Je veux emmener le monde viticole vers le non-brûlage », résume t-il, tel un sacerdoce. D'un point de vue logistique, l'entreprise propose de ramasser et de recycler gratuitement les sarments chez eux, dans les vignes. « Mais  la livraison n'est pas une condition pour pouvoir acheter des piquets chez nous », tient à préciser le chef d'entreprise.

La production est pour le moment sous-traitée, mais le chef d'entreprise va inaugurer très prochainement une nouvelle unité de transformation à Meursault (Côte d'Or), en juin. Objectif à terme : produire 150.000 à 200.000 piquets et 50 millions d'agrafes. Il compte également se développer dans les autres vignobles : Bordeaux, « où il y a une attente forte », la Champagne, ou encore la côte sud. Le prix proposé pour ses piquets : « 3€ ou moins selon les modèles, soit un prix proche du marché », indique celui-ci. 

 

 

[Crédit photo: Vitis Valorem]

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé