LE FIL

Politique de lutte contre l'alcool

L'OCDE en faveur de la fiscalité

Mardi 12 mai 2015 par Marion Ivaldi

Politique de lutte contre l'alcool : l'OCDE en faveur de la fiscalité

« Il faut une fiscalité plus importante ou un prix minimum pour les boissons alcoolisées » a affirmé Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, le 12 mai à Paris, lors de la présentation du rapport de « Combattre les consommations nocives d'alcool : politiques économiques et de santé publique » présenté le 12 mai à Paris.

 

Réduire la consommation d'alcool pour diminuer son coût sociétal (problèmes de santé et accidents de la route) et économique (perte de rentabilité au travail qui coûte environ 1% du PIB par an) : tels sont les motifs en faveur d'une réduction de la consommation globale d'alcool mis en avant par l'OCDE dans son rapport. A ces motifs s'ajoute la volonté de répondre à l'objectif posé par l'OMS de réduire de 10% la consommation mondiale d'alcool à l'horizon 2025.

 

« Nous visons la consommation excessive d'alcool, pas la consommation modérée » a souligné Angel Gurria, lors de la présentation du rapport. Pour atteindre l'objectif de l'OMS, les politiques actuelles ne seront pas suffisantes. Selon l'OCDE, elles permettront de baisser de 5% la consommation totale d'alcool. Pour gagner 5% de baisse supplémentaire, il convient de s'attaquer à la mise en œuvre de politiques ciblées, notamment la consommation d'alcool « défonce » en croissance chez les jeunes mais également l'augmentation de la consommation chez les femmes éduquées.

 

L'application stricte des politiques existantes est également préconisée ainsi que la combinaison de différentes approches réglementaires pour assurer une meilleure efficacité des politiques. L'OCDE indique par ailleurs que ces approches peuvent être « des initiatives émanant des entreprises du secteur des boissons alcoolisées, bien qu’il faille encore recueillir des preuves supplémentaires et indépendantes de l’impact de telles actions ». La phrase confortera peut-être Vin et Société qui envisage de communiquer sur la consommation responsable.

 

 

Mais c'est peut-être la seule bonne nouvelle du rapport qui étudie l'impact de la fiscalité, action à laquelle il semble apporter son soutien. Le rapport indique ainsi : « une hausse des taxes ayant pour résultat l’augmentation de 10 % du prix des boissons alcoolisées et l’adoption d’une série de mesures réglementaires pourraient produire des effets considérables ». Un peu plus loin, il estime que « la hausse du prix des boissons alcoolisées peut être bénéfique à la santé publique, notamment lorsqu’elle concerne les produits de moindre valeur, car elle permet alors de lutter contre la consommation dangereuse avec plus d’efficacité. La réglementation de la publicité pour les boissons alcoolisées peut produire des avantages complémentaires ».

 

Réagissant à l'idée de déterminer un prix minimum pour les boissons alcoolisées, Angel Gurria a reconnu qu'il s'agissait d'un débat « assez polémique car elle revient à élever le prix de tous les alcools », ce qui n'est pas forcément satisfaisant. Il s'est également interrogé sur les taxes et leur légitimité car elles s'appliquent aussi aux consommateurs modérés. « Comment rééquilibrer les droits entre les consommateurs dangereux et les consommateurs modérés ? L'économie ne peut pas répondre à elle seule à cette question » a-t-il reconnu.

 

Les Etats doivent faire leur choix en fonction de leur propre contexte, insiste le rapport qui relève une curiosité qui ne manquera pas de faire réagir et de plaire aux hédonistes : « alors que l'impact d'une consommation excessive sur les salaires est très négatif, il apparaît qu'une consommation modérée peut avoir un impact positif, notamment sur les salaires », peut-être est-ce pour cela que certains trinquent à la prospérité !

 

 

 

 

 

 

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