LE FIL

Emballage

Une étude conclut à l'intérêt du PET

Lundi 11 mai 2015 par Marion Bazireau La Vigne – Vitisphère

Emballage : une étude conclut à l'intérêt du PET

Le PolyEthylène Téréphtalate (PET) doit-il être réservé aux vins de cuisine ou de piètre qualité ? Cet emballage intéresse certaines entreprises viti-vinicoles. C'est le cas de l'UCCOAR-Val d’Orbieu justement sur le point de lancer une bouteille de rosé d’un litre en PET.

Et d'un point de vu technique ? le PET remplit-il le même rôle protecteur de la qualité du vin que le verre ? Pour répondre à cette question, plusieurs chercheurs* ont étudié ses propriétés. Il en ressort que le PET monocouche est comparable au verre en matière de barrière contre l’oxygène et de préservation des arômes, à condition d’y ajouter un absorbeur d’oxygène.

Les chercheurs ont travaillé sur un rosé de cinsault stocké 12 mois à 20°C et conditionné dans 4 bouteilles :

-en verre;

-en PET vierge avec 1% d’actif absorbeur d’O2;

-en PET à moitié recyclé et à moitié vierge avec 1% absorbeur d’O2 ;

-et en PET avec 3% d’absorbeur d’O2. Ils ont suivi l’évolution des gaz dissous, des teneurs en SO2 et du profil aromatique des vins dans ces différents contenants.

Premier constat, sur 12 mois le PET 3% protège aussi bien le vin de de l’oxydation que le verre. Dans les deux cas, la teneur en oxygène total des vins se stabilise à environ 0,10 mg par bouteille. Dans la bouteille en PET 3% il reste encore 12 mg/L de SO2 libre contre 14 mg/L dans le verre, alors que dans les deux bouteilles en PET 1%, le SO2 libre passe sous le seuil des 10 mg/L dès 4 mois.

Les choses se corsent lorsque l’on regarde le CO2. Seul le verre n’induit aucune perte au bout de 12 mois, alors que le PET en perd 40 à 50%, selon les qualités. Pour y remédier, on pourrait augmenter l’épaisseur du PET, afin qu’il puisse résister à l’embouteillage de vins à plus fortes teneurs initiales en CO2.

Les chercheurs ont également étudié l’évolution des composés aromatiques des vins. Les profils aromatiques des rosés stockés dans le verre et dans le PET 3% sont très proches, avec des teneurs différentes pour seulement 4 composés. Les PET 1% sont quant à eux marqués par des arômes de vieillissement (furfural et dioxanes) et une évolution de la couleur.

Forts de ces résultats, les chercheurs concluent sur la possibilité de conditionner des vins en PET avec absorbeur d’O2 pendant au moins un an, avec l’avantage d’un impact plus faible que le verre sur l’environnement.

 

* Les travaux ont été réalisés par plusieurs partenaires, dans le cadre du projet NOVINPAK, dont l’INRA, MontpellierSupAgro, l’Université de Montpellier, UCCOAR-Val d’Orbieu, le Laboratoire PBS, Sidel et Pure environnement.

[Illustration : gamme PET de la cave de Lugny]

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