LE FIL

Vrac versus bouteille

Une étude du CER France insiste sur la définition des stratégies

Mercredi 29 avril 2015 par Michèle Trévoux La Vigne - Vitisphere

Vrac versus bouteille : une étude du CER France insiste sur la définition des stratégies

Des stratégies mal définies conduisent à des baisses de rentabilité. C’est la conclusion d’une analyse menée par CER France du Gard à la demande de la Fédération gardoise des Vignerons indépendants.

L’association de gestion a présenté ses résultats ce lundi 27 avril lors de l’assemblée générale des vignerons indépendants, au Clos des Américains, à Vauvert. L’étude a porté sur 39 domaines, exploitant 42 ha et produisant 2500 hl en moyenne (rendement moyen:57 hl/ha). Elle s’appuie sur les informations issues des grands livres comptables de l’exercice 2013 et inclut une rémunération de la main-d’œuvre familiale de 24 000 euros nets par an et par personne avec des cotisations sociales pour 43% de ces montants.

La marge moyenne dégagée par exploitation s’élève à 3280 euros, mais ce chiffre global masque de fortes disparités selon le mode de commercialisation. Alors que les ventes en bouteilles dégagent une marge de 10 %, le vrac et les Bib affichent des marges déficitaires : -22% pour le vrac et -1% pour les Bib.

« Sur les 39 caves étudiées, seules 6 d’entre elles ont des marges positives sur les ventes en vrac, alors que sur les 27 caves qui commercialisent en bouteilles, 24 ont des marges bénéficiaires sur les ventes de leur haut de gamme en bouteilles », précise Anne-Claire Durel, de CER France, qui a présenté cette étude.

Même avec un cours du vrac revalorisé ces dernières campagnes, les prix de revient sont supérieurs au prix de vente, y compris pour des rendements supérieurs à 60hl/ha. Les exploitations étudiées ont vendu leurs vins en vrac au prix de 100 €/hl en moyenne, alors que leur prix de revient atteint 132 €/hl.

« Le vrac peut être une activité rentable, mais il faut que cette orientation soit définie dès le départ et que les coûts de revient soient adaptés. Les vignerons perdent de l’argent sur le vrac lorsqu’ils vendent ainsi des vins qu’ils avaient prévus pour la bouteille », détaille Anne-Claire Durel.

L’analyse met aussi en lumière les écarts de coût de revient à la bouteille selon le positionnement produit. Pour les entrées de gamme, le coût de revient s’établit à 2,79€, il atteint 3 euros pour le cœur de gamme et 4 euros pour le haut de gamme. Ce coût se décompose en trois tiers à peu près égaux pour le vin, le conditionnement et les frais de commercialisation.

 

 

[Crédit photo : pixabay.com]

 

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé