LE FIL

Applications mobiles

Tablettes et smartphones écrivent le futur de la vigne et du vin

Vendredi 24 avril 2015 par Alexandre Abellan

Applications mobiles : tablettes et smartphones écrivent le futur de la vigne et du vin

« Aujourd'hui, il n'y a pas un outil d'aide à la décision en viticulture qui ne soit décliné en version mobile » constate Gilles Brianceau (animateur du cluster Inno'Vin), qui souligne pourtant le faible taux d'engagement des professionnels dans les applications développées pour smartphones et tablettes. Si les développeurs anticipent encore la demande de la filière, les besoins sont bien présents pour l'amélioration des systèmes d'informations par la dématérialisation, la géolocalisation, l'archivage, l'accessibilité, le partage... A terme, « ces outils vont forcément se développer » prédit Gilles Brianceau, qui en veut pour signe annonciateur le panorama d'applications exposées lors de cette septième édition des Vinitiques (ce 22 avril au site Montesquieu, Martillac).

Les applications professionnelles restent souvent le prolongement numérisé d'un outil préexistant. Mais l'enjeu des nouvelles générations est de proposer une valeur ajoutée inédite ou « des expériences et une performance du métier améliorées » selon Axel Johnston (UX Designer). L'application ProGusto (dont le lancement est prévu pour septembre 2015) est un exemple de cette « valeur ajoutée » dont parle Axel Johnston. Elle propose la numérisation d'un carnet de notes de dégustations de baies, jus et vins à l'usage des professionnels. Elle est ainsi un outil pratique pour les consultants, journalistes et autres négociants ne se retrouvant plus dans leurs piles inexploitables de calepins. Mais l'outil va plus loin. Progusto va également proposer une modélisation de la dynamique de dégustation en bouche d'un vin et surtout permettre une représentation visuelle des arômes. D'après des études, un imagier serait un véritable assistant à la dégustation comme le présentait Stéphanie Marchand Marion (Université de Bordeaux).

Déjà utilisée en Californie et en Languedoc-Roussillon, l'application ITK Vignes illustre la capacité d'évolution et d'interconnexion des technologies. « Les mesures avec la chambre à pression sont la Rolls Royce du suivi de l'état hydrique des vignes » estime Marc Gelly (directeur projet vigne ITK), « à partir des données météo réelles, nous estimons le niveau de stress de chaque parcelle ». Si l'information sur le besoin en eau reste la mission première de cette application, il est apparu que les quantités d'eau apportées par l'irrigation était tout sauf précises. L'idée est donc de coupler l'application avec des objets connectés comme des pompes et des compteurs volumétriques, pour optimiser l'apport d'eau. 

A en croire Alain Sutre (D2E), ces interconnexions sont incontournables pour donner naissance à de véritables outils d'aide à la décision. L'exploitation automatique de leurs données par des algorithmes est inscrite dans l'avenir de la filière. Selon lui, demain « les algorithmes ne prendront pas de décision à notre place, mais ils formuleront des propositions parmi lesquelles nous pourrons choisir ». Actuellement son entreprise a développé des capteurs suivant les déplacements des tracteurs réalisant des traitements, une application trace leurs feuilles de route et communique les délais de réentrée aux opérateurs d'un vignoble donné.

L'enjeu de l'automatisation, et de son corollaire i.e. l'arrêt des saisies, est également au cœur du projet développé par Jean-Marc Armand (chercheur UMR SAVE de l'INRA) et Patrick Ducournau (Kasual Business) pour déterminer à partir d'une prise de vue de feuillage le cépage ou le porte-greffe photographié. Encore en développement, cet algorithme ampélographique pourrait également être transposé à la reconnaissance des maladies de la vigne, pour un diagnostic automatisé. 

Moins effervescente que la mode des drones, la tendance à la mise en applications des pratiques viti-vinicoles est donc émergente. Plus que la créativité, le principal enjeu de ces outils mobiles reste leur modèle économique. « Je crois que demain, toutes les apps seront gratuites et seront la composante d'une offre de service. Le marché n'est pas prêt à rémunérer à sa juste valeur un logiciel » conclut Olivier Zébic (INOZY).


 


 

[Photo : Apple]

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé